Selon les informations du quotidien Libération, B. Guèye, le responsable du Projet d’appui à la protection sociale adaptative (PAPSA), a été placé en garde à vue à l’issue d’une enquête de la Direction de la Surveillance et du Contrôle (DSC), conduite sous l’égide du procureur Saliou Dicko du parquet de Pikine-Guédiawaye.
Le détournement présumé visait les fonds d’urgence destinés aux ménages sinistrés par les inondations de 2025, gérés par le Fonds de solidarité nationale (FSN) dans le cadre du PAPSA. Le stratagème reposait sur deux pratiques : l’inscription frauduleuse de non-victimes sur les listes de bénéficiaires, et le prélèvement systématique sur les sommes dues aux ayants droit légitimes.
Concrètement, une aide de 200 000 FCFA par foyer était ramenée à 50 000 FCFA une fois entre les mains des victimes. La différence, soit 150 000 FCFA, était collectée par les agents et en partie reversée au coordonnateur. B. Guèye, qui pilote également le programme « Yokk Kom Kom » à Dakar et Thiès, aurait exploité la fin des contrats de ses superviseurs en juin 2025 pour les réembaucher sans formalité, créant ainsi un lien de dépendance.
Financé par la Banque mondiale, le PAPSA a mobilisé plus de 1,6 milliard de FCFA pour venir en aide à 8 390 ménages sinistrés, selon les données du ministère de la Famille. Ce vaste programme d’indemnisation a notamment permis des paiements dans plusieurs régions du pays.
Quatre superviseurs ont aussi été interpellés : Kh. Faye, S. Sylla, F. S. Diouf et M. Diouf. Avec B. Guèye, ils sont poursuivis pour détournement de fonds publics, extorsion, faux et usage de faux, et association de malfaiteurs. Le coordonnateur fait en outre l’objet de poursuites pour abus de fonctions.
Les investigations se poursuivent ; elles ont déjà permis de recenser plus de 1 000 victimes de racket dans la banlieue de Dakar. Selon ndarinfo, de nouvelles interpellations sont attendues.

