Le Premier ministre britannique Keir Starmer fait face à une pression politique de la part des leaders de l’opposition. Le gouvernement a confirmé ce jeudi que Peter Mandelson, un proche associé de Jeffrey Epstein, n’avait pas satisfait à une vérification de sécurité avant d’être nommé émissaire du Royaume-Uni à Washington en 2024.
Selon les informations rapportées par Insider Paper, cette confirmation officielle fait suite à une enquête menée par le journal The Guardian. Il a été révélé que les responsables du ministère des Affaires étrangères avaient pris la décision de maintenir la nomination de Peter Mandelson, allant ainsi à l’encontre de la recommandation défavorable émise par le service britannique de vérification de sécurité (UK Security Vetting). Un porte-parole du gouvernement a néanmoins précisé que cet avis n’était pas contraignant.
Face à ces éléments, les figures de l’opposition exigent la démission de Keir Starmer. Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur, a déclaré sur le réseau social X que le Premier ministre avait « trahi notre sécurité nationale » et qu’il devait quitter ses fonctions. De son côté, le leader des Libéraux-démocrates, Ed Davey, a affirmé sur la même plateforme que le chef du gouvernement devait partir s’il avait menti au Parlement et au peuple britannique.
Le gouvernement se défend en affirmant que Keir Starmer et son ministre des Affaires étrangères n’avaient pas été informés de l’échec de cette vérification de sécurité avant le début de cette semaine. L’exécutif se trouve mis en difficulté par les déclarations passées du Premier ministre, qui avait assuré en février dernier que Peter Mandelson avait passé les contrôles avec succès. En mars, l’administration travailliste avait d’ailleurs publié environ 150 pages de documents détaillant le processus d’évaluation de l’ambassadeur.
Pour rappel, Peter Mandelson a été démis de ses fonctions d’ambassadeur l’année dernière, quelques mois seulement après sa nomination. Ce limogeage faisait suite à la publication de documents par une commission du Congrès américain exposant la profondeur de ses liens avec Jeffrey Epstein. En février 2026, l’ancien émissaire a été arrêté puis libéré sous caution. La police mène actuellement une enquête pour des soupçons de faute dans l’exercice de fonctions publiques, examinant des allégations selon lesquelles il aurait transmis des documents sensibles à Jeffrey Epstein lorsqu’il était ministre du gouvernement, notamment durant la crise financière de 2008.