Le Premier ministre indien Narendra Modi a achevé jeudi une visite de deux jours à Jérusalem. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette rencontre avec son homologue israélien Benjamin Netanyahu a abouti à la conclusion de plus d’une douzaine d’accords bilatéraux, touchant à la fois à la technologie, à la défense et à l’économie.
Au cœur de ces nouveaux engagements figure une décision migratoire majeure. Israël a accepté d’accueillir 50 000 ressortissants indiens supplémentaires sur son territoire. Ces travailleurs asiatiques sont destinés à occuper des emplois dans les secteurs de la construction et des soins à la personne. Ils viendront remplacer les travailleurs palestiniens, soumis à de strictes restrictions d’accès depuis le début de la guerre à Gaza.
Les deux dirigeants ont également convenu de collaborer plus étroitement sur les technologies de défense, l’intelligence artificielle et la cybersécurité, tout en poursuivant les négociations pour un accord de libre-échange. Lors d’une conférence de presse conjointe, Benjamin Netanyahu a souligné cette volonté commune d’innover en s’appuyant sur l’histoire de leurs civilisations respectives. Une déclaration commune a par ailleurs mis en avant la création d’un mécanisme d’« analyse prospective » basé sur les données, destiné à identifier les tendances mondiales émergentes.
Ce déplacement, le deuxième de Narendra Modi en Israël depuis sa prise de fonction en 2014, suscite des critiques en Inde. Il illustre un rapprochement stratégique avec l’État hébreu, dans un contexte marqué par la guerre à Gaza qui a fait plus de 72 000 morts. La déclaration conjointe des deux chefs d’État a fait référence à l’attaque dirigée par le Hamas le 7 octobre 2023, ainsi qu’à une attaque survenue en avril 2025 contre des civils à Pahalgam, au Cachemire sous contrôle indien. À cette occasion, le dirigeant indien a réitéré que le terrorisme ne pouvait être accepté sous aucune forme.
Historiquement favorable à la création d’un État palestinien, l’Inde a parfois choisi l’abstention lors des votes critiquant Israël dans les instances internationales. Toutefois, plus tôt ce mois-ci, New Delhi figurait parmi les nations ayant condamné les mesures israéliennes visant à renforcer le contrôle sur la Cisjordanie occupée. Enfin, les deux pays ont publiquement salué le plan du président américain Donald Trump visant à faire progresser un cessez-le-feu dans la bande de Gaza.