Accès bloqué à la présidence argentine : la part exacte de journalistes qualifiés de « déchets » par Javier Milei

L’administration du président argentin Javier Milei a restreint l’accès des correspondants de presse à la Casa Rosada, le palais présidentiel. Cette décision s’inscrit dans un climat de confrontation directe entre le gouvernement et les médias du pays.

Jeudi, les journalistes accrédités se sont vu refuser l’entrée du bâtiment après la désactivation de leurs accès par balayage d’empreintes digitales. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le chef du secrétariat argentin à la communication et à la presse a précisé que les accréditations n’étaient pas formellement révoquées. La suppression des accès biométriques a été présentée comme une mesure préventive. Javier Lanari a invoqué une plainte déposée par la Maison militaire pour espionnage illégal, justifiant l’opération par des impératifs de sécurité nationale.

Cette restriction fait suite à un reportage de la chaîne argentine TN. L’administration reproche à deux journalistes de ce média d’avoir filmé secrètement des zones interdites au public à l’intérieur du palais gouvernemental. En réaction, Javier Milei a violemment pris à partie les professionnels des médias sur les réseaux sociaux. Le président a publiquement mis au défi la profession de défendre ces actes, affirmant que 95 % des détenteurs de cartes de presse appartenaient à la catégorie des « déchets répugnants ».

La fermeture physique des accès à la présidence a déclenché une riposte sur le plan judiciaire. Marcela Pagano, ancienne journaliste siégeant désormais comme députée, a officialisé le dépôt d’une plainte pénale contre le chef de l’État. Dans sa déclaration, l’élue a rappelé que la Casa Rosada n’est pas une propriété privée et a qualifié cet incident d’inédit depuis le retour de la démocratie en 1983.

Plusieurs organisations de défense des droits scrutent la situation. Depuis l’investiture de l’actuel gouvernement, Reporters sans frontières (RSF) relève un net recul de la liberté de la presse, tandis que PEN International signale une détérioration de la liberté d’expression, marquée par la restriction de l’accès aux documents publics et le démantèlement des médias d’État.

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