Israël : Malgré les remontrances des juges, le nouveau délai accordé à l’État pour justifier le blocage de la presse à Gaza

Le bras de fer juridique dure depuis plus d’un an, opposant l’Association de la presse étrangère (FPA) aux autorités israéliennes. Au cœur du dossier se trouve une exigence fondamentale pour les médias internationaux : obtenir un accès indépendant à la bande de Gaza, sans être obligés d’intégrer les unités de l’armée israélienne. Alors que la Cour suprême examinait une nouvelle fois cette requête mercredi, une décision définitive était attendue pour clore ce dossier aux multiples rebondissements.

La haute juridiction a finalement choisi de prolonger l’attente. Elle a accordé au gouvernement un délai courant jusqu’au 31 mars pour répondre formellement à la pétition de la FPA. Cette décision intervient alors que les avocats de l’État n’ont pas fourni de justifications détaillées lors de l’audience, se limitant à invoquer des risques sécuritaires généraux.

Cette prudence des juges contraste avec la teneur des débats. Lors de l’audience, la juge Ruth Ronen a explicitement rejeté l’argumentaire sommaire de l’État. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, la magistrate a insisté sur le fait qu’il « ne suffit pas de citer des risques de sécurité sans fournir de détails », soulignant qu’un changement significatif avait eu lieu sur le terrain depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu en octobre 2025.

Il s’agit de la neuvième extension accordée au gouvernement depuis le dépôt de la pétition en septembre 2024. Cette politique maintient de facto l’interdiction pour les correspondants étrangers d’entrer dans l’enclave palestinienne pour y documenter les conditions de vie et les événements de manière autonome.

L’Association de la presse étrangère, qui représente 370 journalistes et 130 médias, a exprimé sa vive déception. L’organisation déplore que la Cour semble avoir été influencée par des arguments sécuritaires classifiés, présentés à huis clos. Les avocats de la FPA n’ont eu accès ni à ces débats ni aux documents présentés aux juges, une procédure qui, selon l’association, empêche toute contestation contradictoire et favorise une fermeture indéfinie de la zone.

Ce report judiciaire survient dans un contexte où les restrictions médiatiques s’intensifient. Le 25 janvier, Israël a prolongé de 90 jours la fermeture des bureaux d’Al Jazeera, contestant les menaces à la sécurité nationale invoquées par les autorités. Parallèlement, sur le plan diplomatique, les États-Unis tentent de faire avancer la deuxième phase de leur plan de résolution du conflit. L’ambassadeur américain à l’ONU, Mike Waltz, a évoqué devant le Conseil de sécurité un programme de « rachat financé par la communauté internationale » visant à désarmer le Hamas, bien que le groupe palestinien affirme n’avoir reçu aucune proposition concrète en ce sens.

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