Aboubakry Niane défend le manuel de procédure contesté par Abdou Aziz Diouf

Comment Abdou Aziz Diouf peut-il critiquer la gestion des marchés du programme « Un étudiant, un ordinateur » après avoir signé les contrats concernés ? Devant la commission d’enquête parlementaire, l’ancien directeur général de l’Enseignement supérieur a reconnu sa responsabilité tout en contestant avoir pu repérer les anomalies.

Abdou Aziz Diouf critique les contrats conclus pour l’exercice 2025-2026, alors qu’il les avait signés en avril 2025. Il a expliqué être arrivé à son poste en novembre et ne pas avoir soupçonné de problèmes dans un dispositif déjà en place depuis huit ans. Comme l’écrit EnQuête+, il a aussi défendu les relations de confiance qu’il entretenait avec ses collaborateurs et rappelé qu’un grand nombre de documents sont signés chaque jour au ministère.

Selon Diouf, le manuel de procédure utilisé pour ces marchés constituait un problème, mais il dit ne l’avoir compris qu’après l’alerte de Mame Penda Ba, qui a pris ses fonctions en juillet. Il a alors donné des instructions pour dénoncer les contrats conclus avec les fournisseurs.

Aboubakry Niane, ancien directeur des financements, a rejeté l’idée qu’il aurait pressé son supérieur de signer. Il a défendu l’existence du manuel en avançant plusieurs motifs : l’État subventionnait le programme, les étudiants participaient au paiement et pouvaient donc demander des comptes sur les ordinateurs, et la Banque mondiale avait formulé des recommandations. Il a toutefois précisé que le projet relevait de l’État du Sénégal, et non de la Banque mondiale.

Niane a distingué le programme d’appui à l’enseignement supérieur auquel la Banque mondiale était associée du dispositif informatique destiné aux étudiants. Le Programme de gouvernance et de financement de l’enseignement supérieur axé sur les résultats (PGF sup), signé entre 2011 et 2012, disposait d’un financement de 126 millions de dollars : 121 millions apportés par la Banque mondiale et cinq millions par l’État. Il couvrait notamment des infrastructures universitaires, la Direction générale de l’Enseignement supérieur, l’Anaqsup et les contrats de performance des universités.

Dans le cadre de ces contrats de performance, le développement des enseignements à distance et l’usage des technologies de l’information figuraient parmi les objectifs. Niane a rapporté que la Banque mondiale avait proposé d’éviter trois difficultés pour équiper les étudiants : les lourdeurs administratives, la gratuité et le manque de qualité des machines.

Les auditions s’inscrivaient dans l’examen parlementaire d’un dispositif de 48 milliards de francs CFA déployé depuis 2017. Lors d’une audition distincte, la coordinatrice de la cellule d’enquête de l’ARCOP, Seynabou Samb Tosco, avait estimé que l’avis à manifestation d’intérêt utilisé pour le contrat de 2025 n’était pas adapté à l’achat d’ordinateurs.

Niane a indiqué que la Banque mondiale avait convié les responsables à des négociations et que l’experte Mme Sow leur avait proposé une stratégie le 7 décembre.

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