À moins d’un mois du congrès, la mise en garde sur une fracture au sein de PASTEF

Le 6 juin 2026, PASTEF doit tenir son premier congrès national à Dakar, présenté dans une tribune signée Ousmane Camara Gueye comme une échéance où peut se jouer soit un retour au dialogue, soit une rupture au sein du camp au pouvoir. Le texte, adressé au président Bassirou Diomaye Faye, déroule une lecture politique en deux phases centrée sur Ousmane Sonko puis sur la place du chef de l’État dans la coalition.

L’auteur ouvre son propos par un retour en 2016 en France. Il cite le cas de François Hollande, président en exercice qui avait renoncé à sa réélection, en évoquant une candidature devenue, à ses yeux, politiquement intenable sous l’effet de sondages, de prises de distance publiques et de fuites dans la presse. Cette mécanique, qu’il nomme « Hollandisation », est ensuite transposée au Sénégal.

Deux phases décrites dans la tribune

La première phase, écrit-il, consiste à « empêcher Ousmane Sonko » en le rendant politiquement inopérant, « par la justice, par l’usure, par l’isolement progressif ». La seconde serait déjà en cours à travers les débats sur « l’ouverture » au sein de la coalition Diomaye Président et sur les candidatures de 2029. Dans cette séquence, il affirme que l’enjeu réel est de fragiliser l’hypothèse d’une réélection de Bassirou Diomaye Faye.

Au fil de cette démonstration, relayée par Actusen dans une publication qui reprend notamment la date du congrès du 6 juin 2026 à Dakar, Ousmane Camara Gueye soutient aussi que le président ne peut pas, en moins de trois ans, construire un espace politique autonome viable en dehors de PASTEF. Il avance que les réseaux militants, les relais territoriaux et la base mobilisable se sont bâtis sur une décennie de lutte autour d’un projet et d’un homme.

Appel au dialogue avant le congrès

Dans la dernière partie de son texte, l’auteur s’adresse aux militants de PASTEF Les Patriotes. Il dit comprendre leur colère, mais juge qu’un affrontement avec Bassirou Diomaye Faye ne servirait que des adversaires politiques. Il présente le chef de l’État comme « un homme pris dans un étau » et appelle à lui laisser une issue par le dialogue.

Il cite, dans cette perspective, El Malick Ndiaye, président de l’Assemblée nationale, comme « médiateur naturel », et évoque aussi des guides religieux comme Serigne Abdou Mbacké pour favoriser des échanges. La tribune se referme sur le congrès annoncé dans moins d’un mois, décrit comme un moment pouvant soit « panser les plaies » et remettre les responsables autour d’une même table, soit devenir « le théâtre d’une fracture définitive ».

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