Le Sénégal préside actuellement la CEDEAO, mais l’organisation régionale traverse une crise que le président Bassirou Diomaye Faye devra évoquer à New York. Son intervention devant l’Assemblée générale des Nations unies est attendue comme son premier discours à cette tribune en qualité de président en exercice de la communauté.
Parti de Dakar le lundi 21 septembre, le chef de l’État sénégalais s’exprimera jeudi 24 septembre dans le débat général de la 81e session, consacré au thème « Rétablir la confiance, gérer la transformation : des Nations unies au service de tous ». Il y pointe notamment le déficit de 4 000 milliards de dollars nécessaire au financement des objectifs de développement durable (ODD), un écart qui place la question des ressources au cœur des ambitions de développement défendues par les pays africains.
Cette prise de parole intervient alors que la CEDEAO a été fragilisée par le départ de trois pays. Le chercheur en géopolitique et gouvernance sécuritaire Abdou Latif Aidara estime que le changement de rôle du président modifie la portée de son intervention : il s’exprime désormais au nom de toute une région. Dans son analyse publiée par Senenews, il juge que ce discours compte parmi les moments importants du mandat international de Bassirou Diomaye Faye.
Pour Abdou Latif Aidara, le premier enjeu est de défendre la crédibilité de l’organisation ouest-africaine et de montrer qu’elle peut se réformer. Il souligne également que le Sénégal est particulièrement exposé dans cette séquence, alors qu’il cumule la présidence politique de la CEDEAO et la présidence de son exécutif. Le plaidoyer sur le déficit de financement des ODD donne à cet enjeu régional une dimension plus large : la capacité des institutions multilatérales à répondre aux besoins de développement.
La dette sénégalaise et la sécurité régionale au programme
Le président sénégalais devra aussi aborder la situation économique du pays. Abdou Latif Aidara estime que la révélation d’une dette publique sous-déclarée a fragilisé la signature du Sénégal, compliqué ses relations avec le Fonds monétaire international et augmenté le coût de ses emprunts sur les marchés. Selon lui, le chef de l’État peut mettre en avant le choix de la transparence dans la gestion des comptes.
Le chercheur attend également une prise de position sur la place de l’Afrique dans un multilatéralisme en crise. Mardi, lors d’une réunion de haut niveau sur le Pacte pour l’avenir, Bassirou Diomaye Faye avait défendu, au nom de la CEDEAO, un multilatéralisme renouvelé. À la tribune, les thèmes évoqués devraient inclure la sécurité au Sahel et en Afrique de l’Ouest, le financement du développement — alors que le déficit pour atteindre les ODD est estimé à 4 000 milliards de dollars —, la dette, la gouvernance mondiale et les migrations.
Cette séquence diplomatique se déroule alors que Macky Sall est candidat au poste de secrétaire général des Nations unies, avec le soutien du Sénégal. Une rencontre avec le secrétaire général sortant de l’ONU, António Guterres, est prévue jeudi.





