À Guédiawaye, les « Maris abandonnés » racontent les violences qu’ils disent subir

À Guédiawaye, les associations « Maris abandonnés » et « Maris battus » ont fini par prendre la parole après plusieurs appels. Leurs membres disent connaître, dans leur couple, humiliations, coups, abandons et blessures. Chaque mois, l’association des « Maris abandonnés » se retrouve dans une salle de classe, autour de tables-bancs en bois et en métal marqués par les années.

Les hommes réunis viennent de secteurs variés : banque, mécanique, enseignement, police, entrepreneuriat et commerce. Pendant les échanges, chacun prend son tour ; certains baissent les yeux en parlant, d’autres plaisantent pour alléger l’atmosphère, mais les récits restent difficiles. Cette réunion et ces témoignages sont décrits dans le reportage signé Abba Ba.

Moussa Ndiaye, président de l’Association, affirme que les hommes aussi subissent des violences et des abandons au sein des foyers sénégalais. À ses yeux, le phénomène n’est ni exceptionnel ni rare : il demeure peu évoqué, car les souffrances masculines sont souvent laissées de côté. Il dénonce « une violence qui passe sous le tapis », faute d’en parler davantage.

La prise de parole reste pourtant compliquée. Les violences conjugales sont difficiles à raconter, et les hommes qui les subissent craignent davantage encore d’en faire le récit. La peur d’être jugé, tourné en ridicule ou catalogué comme « faible » peut les empêcher de se confier.

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