Avant l’ouverture de cette rencontre à Dakar, les débats sur la souveraineté africaine se heurtaient souvent à une lecture de fermeture, là où les organisateurs ont mis en avant une logique de coopération.
Le président de l’Assemblée nationale du Sénégal, Malick Ndiaye, s’est exprimé hier devant les membres de l’Assemblée régionale Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. La 32e édition de cette assemblée générale régionale se tient dans la capitale sénégalaise et rassemble des présidents d’assemblées autour de plusieurs dossiers politiques, diplomatiques, sécuritaires et économiques concernant le continent africain et l’espace francophone.
Au cours de son intervention, il a défendu l’idée d’une souveraineté africaine qui ne doit pas être comprise comme un retrait. Dans les informations publiées par Seneplus, il explique qu’à Dakar, la Francophonie est envisagée comme un cadre de coopération choisie, où la langue partagée peut aussi ouvrir sur des outils politiques, juridiques et économiques communs. Il a aussi insisté sur un contexte international marqué par de fortes mutations, avec des tensions au Proche et au Moyen-Orient, des crises internationales et des transitions politiques sur le continent.
Les travaux annoncés doivent justement porter sur ces recompositions géopolitiques, mais aussi sur l’implication des Parlements dans la gouvernance stratégique et la sécurité collective. Pour Malick Ndiaye, les institutions parlementaires ne doivent pas seulement préserver la légitimité démocratique. Elles sont aussi appelées à jouer un rôle actif dans la recherche de la paix, de la stabilité et du développement durable. Il a également estimé que le Parlement ne peut plus rester un simple cadre formel, puisqu’il est le lieu où la volonté populaire devient loi et où la dépense publique relève de la responsabilité.
Dans un second temps, le président de l’Assemblée nationale a plaidé pour une évolution de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. Tout en rappelant l’attachement du Sénégal à cette institution, il a jugé nécessaire de revoir sa gouvernance, d’améliorer son efficacité et de renforcer son impact. Il a appelé à une APF plus souple, plus représentative et davantage orientée vers des résultats concrets. Cette évolution passerait, selon lui, par des mécanismes modernisés, un rôle régional renforcé, ainsi qu’une meilleure place accordée aux jeunes parlementaires et aux femmes, sans écarter les grands sujets comme la paix, la souveraineté économique, le numérique, l’intelligence artificielle, le climat et la gouvernance mondiale.