Les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont préparé une délégation commune de l’Alliance des États du Sahel (AES) pour les discussions avec la CEDEAO à Dakar. Réunis à Ouagadougou le 16 octobre 2026, ils ont examiné les travaux réalisés par des experts les 14 et 15 octobre. Cette négociation se déroule alors que Bassirou Diomaye Faye, président en exercice de la CEDEAO depuis le sommet de Freetown du 19 juillet, a appelé l’organisation à passer « des constats » à « l’action ».
Les échanges doivent porter sur un projet d’accord-cadre et sur les modalités d’une future coopération entre les deux organisations. Le média burkinabè Lefaso rapporte que les ministres ont aussi réaffirmé leur attachement à la confédération AES. La délégation de l’AES à Dakar doit présenter une position commune, après des travaux destinés à préciser les priorités et l’approche des négociations.
La reprise des contacts s’inscrit dans une séquence de rapprochements engagée à plusieurs niveaux. En avril, le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko avait reçu à Dakar le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré, dans le cadre des relations bilatérales entre le Sénégal et le Niger. En juillet, une visite de travail de Diomaye Faye à Bamako était annoncée comme la première d’un chef d’État de la CEDEAO dans un pays de l’AES. Les discussions prévues devaient notamment aborder la coopération future et la libre circulation des personnes et des biens, deux enjeux également présents dans les échanges actuels.
Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rappelé que les discussions engagées à Niamey en février 2025 puis à Bamako en mai de la même année avaient retenu 14 secteurs d’intérêt. Les échanges précédents avaient également porté sur le maintien de certains acquis, notamment la libre circulation, et sur l’organisation des négociations.
L'actualité du Sénégal dans votre poche
Téléchargez l'app gratuite et suivez l'info en temps réel.
Selon le ministre, le projet d’accord-cadre identifie les domaines prioritaires et expose la manière dont l’AES souhaite désormais organiser ses relations avec la CEDEAO. Il a rejeté les spéculations faisant état d’un retour des trois pays dans l’organisation. Il a plutôt décrit deux entités distinctes appelées à composer le bloc ouest-africain. Cette distinction est au cœur du travail engagé à Dakar : définir des règles de coopération sans confondre les deux organisations.
Le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a défendu des échanges entre organisations, dans un esprit qu’il a qualifié d’ouvert et de constructif. Il a évoqué les liens entre les peuples de la région et la nécessité, selon lui, d’établir un instrument juridique pour encadrer les rapports entre l’AES et la CEDEAO. La direction de la Commission de la CEDEAO doit également changer : le général sénégalais Birame Diop a été désigné pour en devenir le prochain président, succédant au Gambien Omar Alie.
Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a salué la résilience des populations et rendu hommage aux victimes de la crise sécuritaire. Il a déclaré que les personnes mortes en défendant leur famille, leurs biens, leur patrie ou leur honneur étaient des martyrs.



