Le Moyen-Orient traverse une phase d’escalade militaire majeure consécutive aux événements de la fin février. Alors que les hostilités entre Téhéran et Washington se matérialisent par des opérations armées à travers plusieurs pays du Golfe, une nouvelle vague massive de frappes a ciblé les installations occidentales, entraînant des pertes civiles et poussant les États-Unis à réagir dans l’urgence.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) a annoncé mercredi avoir lancé 230 drones. Ces appareils ont visé de multiples infrastructures abritant des troupes américaines au Moyen-Orient. Parmi les sites ciblés figurent la base aérienne d’Ali Al Salem et le camp Arifjan au Koweït, ainsi qu’une base militaire située à Erbil, dans le nord de l’Irak.
Cette offensive de grande envergure est décrite par le CGRI comme l’une des « premières étapes puissantes » de sa riposte, consécutive aux frappes coordonnées israélo-américaines du 28 février et à la mort du guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei.
Les conséquences de ces tirs ont débordé le cadre strictement militaire. Le ministère koweïtien de la Santé a confirmé mercredi, sur le réseau social X, le décès d’une fillette de 11 ans. Touchée par des chutes de shrapnel, la victime a succombé à ses blessures malgré les tentatives de réanimation prodiguées pendant près d’une demi-heure lors de son transfert vers l’hôpital Al-Amiri.
L’Irak et l’Arabie saoudite ont également été touchés par cette vague d’attaques. À Bagdad, un drone a visé une installation de soutien logistique de l’ambassade des États-Unis près de l’aéroport international, au lendemain d’une tentative similaire déjouée. Des sources sécuritaires ont aussi fait état de frappes contre un hôtel et une base américaine à Erbil, ainsi que sur un bâtiment à Souleimaniye. De son côté, le ministère saoudien de la Défense a annoncé avoir intercepté et détruit un appareil dans sa province orientale.
Aux Émirats arabes unis, des frappes ont été signalées au port de Fujaïrah et au consulat américain de Dubaï. Face à la multiplication de ces attaques sur ses emprises diplomatiques, le département d’État américain a pris la décision, mercredi, d’autoriser l’évacuation de son personnel gouvernemental non essentiel présent en Arabie saoudite et aux Émirats.
Bien que le volume et la fréquence des tirs tendent à diminuer selon les observations du correspondant d’Al Jazeera à Doha, ces opérations suffisent à perturber l’espace aérien et maintiennent les pays du Conseil de coopération du Golfe sous une pression sécuritaire constante.