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Un photographe français explore la dimension anthropologique du ’’Simb Gaïndé »

L’anthropologue français Jean Claude Thoret, photographe à ses heures perdues, propose via une exposition, une approche analytique de l’histoire des ‘ »faux lions », autrement appelés « Simb Gaïndé », consistant en des spectacles de personnes masquées, qui puisent dans l’imaginaire des campagnes pour apporter frayeur et mystère au quotidien des populations urbaines sénégalaises.

Cette exposition intitulée « Le masque du faux lion », compte pour la partie « off » de la 12e Biennale de l’art africain contemporain (3 mai-2 juin).

Elle rappelle au commun des Sénégalais ces spectacles de quartiers au rythme des vacances d’été, pendant lesquels de « faux Lions » se font maîtres des divertissements de rue, suivant des scénarios bouffons, dont certains se traduisent souvent par des enlèvements simulés d’enfants tétanisés de tomber dans des pièges qui n’en sont que de nom.

L’exposition de Thoret revient sur ce fait socioculturel singulier, l’approche artistique illustrant une analyse anthropologique entre les lignes, par ailleurs validée par l’image de ces « faux lions » accompagnés de batteurs de tam-tam et habillés d’une manière atypique, le visage masqué par des traits de mixtures rouges, blanches et noires.

Ils donnent de cette façon l’air de vrais lions affamés et rugissant contre les passants. Des lions qui s’en prennent à tous ceux qui se rencontrent dans les coins et recoins de rue qui se remplissent de curieux, des jeunes gens et jeunes filles en général, persuadés d’assister à la réincarnation de l’homme en lion.

La danse des « faux lions » est logiquement devenue à ce point populaire qu’elle peut désormais se considérée comme un patrimoine immatériel unique au Sénégal.

Jean Claude Thoret, qui réside à Dakar depuis quelques années, va au-delà des clichés et des interprétations convenus, faciles, pour proposer une analyse de l’origine historique du « Simb Gaindé ».

Selon lui, ce divertissement viendrait du Walo, une région naturelle correspondant à la zone administrative couvrant actuellement le département de Dagana, dans le nord du Sénégal.

L’histoire des « faux lions », telle que rendue par l’anthropologue français, puise son origine dans les traditions orales locales, qui mettent en scène un chasseur ayant recueilli un lionceau, dont il avait tué la mère, ce qui l’amena à élever l’animal.

« Puis tellement proche de lui, et en reconnaissance de l’attention qu’il avait témoigné à l’animal, il acquit la possibilité de se transformer en lion, parlant la langue des lions, agissant comme celui-ci, voyant sa peau se transformer et imiter la fourrure d’un lion », écrit-t-il dans des notes servant de légendes à ses photos.

Jean Claude Thoret lie cette histoire à un « rite initiatique » réservé « à ceux qui ont enduré des épreuves physiques et qui ont reçu des enseignements leur permettant d’accéder à un statut d’homme-lion, craint et respecté ».
De ce rite initiatique, ajoute le photographe-anthropologue, subsiste la mise en scène d’homme-lions, évocation de cette fusion homme-animal et de ces groupements secrets :un divertissement qui peut faire peur et qui, par ses danses, provoque aussi l’admiration ».

Le point de vue défendu par l’anthropologue est le suivant même si « le mythe d’origine est désacralisé », la beauté des peintures faciales donne une vertu artistique à cette pratique dont les adeptes parviennent à transformer leurs décorations du visage en de véritables chefs d’œuvre.

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2 commentaires

  • Galsen
    07/05/2016 23:42

    Notre culture. On doit en etre fier et la revaloriser pour la vendre.

  • la paix
    09/05/2016 00:59

    C domage ke les senegalais ne respect po leur culture

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