La violence en milieu scolaire franchit un nouveau seuil critique dans la région de Ziguinchor. Alors que les établissements scolaires devraient être des sanctuaires de savoir, un incident grave survenu au Collège d’enseignement moyen (CEM) Boucotte Sud vient de plonger la communauté éducative dans la consternation, mettant en lumière une insécurité grandissante pour le personnel enseignant.
Les faits, rapportés par notre confrère Sud Quotidien, se sont déroulés au sein même de l’établissement. Un professeur de mathématiques et de sciences physiques a été la cible d’une attaque physique directe perpétrée par l’un de ses propres élèves. L’origine de l’altercation remonterait à une dispute initiale entre deux collégiens, un garçon et une fille. Intervenu pour rétablir l’ordre, l’enseignant avait signalé le garçon à la surveillance pour tenter d’apaiser la situation.
La réponse de l’élève sanctionné a été immédiate et brutale. Revenu sur les lieux quelques minutes plus tard, il s’est muni d’une pierre qu’il a violemment projetée en direction de l’enseignant. Le projectile a atteint le professeur à la tête, occasionnant un traumatisme crânien. Grièvement blessée, la victime s’est effondrée avant d’être évacuée d’urgence par ses collègues vers une structure sanitaire, tandis que l’agresseur était maîtrisé par le corps enseignant puis remis aux forces de police.
Cet acte a provoqué une réaction en chaîne immédiate. Les enseignants du CEM Boucotte Sud, face à ce qu’ils qualifient d’escalade de violence inacceptable, ont décrété un mot d’ordre de grève de 72 heures. Ils exigent des garanties de sécurité et appellent les autorités ainsi que les parents d’élèves à prendre la pleine mesure de la situation.
De manière plus surprenante, l’arrestation de l’élève mis en cause a entraîné un mouvement de solidarité de la part de certains de ses camarades. Furieux de voir le collégien interpellé, des groupes d’élèves ont perturbé le fonctionnement d’autres écoles de la commune, procédant au délogement de leurs pairs dans plusieurs établissements de Ziguinchor.
Cette situation s’inscrit dans un contexte régional tendu. Des incidents similaires, allant des agressions physiques aux intimidations verbales, sont régulièrement signalés, notamment dans le département de Bignona, poussant les acteurs de l’éducation à réclamer une restauration urgente de l’autorité au sein de l’école sénégalaise.
L’indiscipline des apprenants est inadmisible.