Washington gèle les avoirs d’une officielle de l’ONU après des courriers confidentiels adressés aux géants de la Tech

Une inflexion majeure marque désormais les relations entre Washington et les instances de justice internationale. L’administration américaine a acté une série de sanctions financières ciblant directement des responsables onusiens et des magistrats de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision, qui traduit une rupture diplomatique, s’appuie sur des griefs précis liés à la gestion du conflit au Proche-Orient et à des démarches entreprises auprès du secteur privé américain.

Au cœur de ce dispositif coercitif se trouve Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l’ONU sur la Palestine. Les mesures adoptées par les États-Unis incluent le gel de ses avoirs ainsi que des restrictions financières strictes. Selon des experts cités par l’agence Anadolu, ce type de traitement est habituellement réservé aux individus classés « à risque terroriste ». Washington justifie cette procédure par ce qu’il qualifie d’accusations « extrêmes et infondées » formulées par la diplomate à l’encontre d’Israël, notamment ses appels à enquêter sur les événements à Gaza et en Cisjordanie.

Cependant, un autre volet du dossier semble avoir accéléré la riposte américaine. D’après les éléments d’une enquête relayée par nos confrères, Francesca Albanese aurait adressé des correspondances confidentielles à plusieurs fleurons de l’économie américaine. Ces lettres mettaient en garde des géants tels qu’Alphabet, Amazon, Microsoft, Lockheed Martin, Caterpillar, Chevron et Palantir contre une possible complicité dans des violations des droits humains, évoquant un potentiel signalement aux Nations Unies. Cette initiative a provoqué une levée de boucliers au sein des organisations américaines, qui ont sollicité l’intervention directe de la Maison-Blanche.

Le spectre des sanctions s’étend au-delà de la seule rapporteuse. Huit juges et trois procureurs de la Cour pénale internationale sont également visés par ces mesures restrictives. Cette offensive diplomatique intervient dans un contexte institutionnel déjà fragilisé pour l’ONU. L’organisation traverse une crise de liquidités sévère, alors que les données onusiennes indiquent que les États-Unis accusent un retard de paiement de plus de 2,1 milliards de dollars sur leurs contributions obligatoires.

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