Vitamine A : Enjeux de la supplémentation au Sénégal

La carence en vitamine A demeure une préoccupation majeure de santé publique en Afrique subsaharienne, particulièrement chez les enfants de moins de cinq ans. Selon des estimations récentes, environ 48 % des enfants dans le monde sont touchés par ce déficit, augmentant ainsi leur vulnérabilité face aux risques de mortalité.
Au Sénégal, la Direction de la santé de la mère et de l’enfant (Dsme) relève que, malgré la multiplication des initiatives étatiques, l’engagement des parents reste un défi. La supplémentation en vitamine A (SVA), jugée essentielle par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), peut accroitre de 24 % les chances de survie des enfants, contribuant ainsi à réduire la mortalité infantile. En réponse, le Sénégal applique depuis la fin des années 1990 la recommandation de l’OMS, notamment à travers des campagnes de vaccination et des distributions de moustiquaires.
En 2005, les Journées Nationales de Micronutriments (JNM) ont été instaurées pour intégrer la SVA avec d’autres interventions telles que le dépistage de la malnutrition aigue et la prévention de la diarrhée. Depuis, des campagnes comme les Journées Survie de l’Enfant (JSE) ont permis l’extension vers d’autres actions de santé, comprenant la détection des enfants non enregistrés et la promotion de pratiques familiales essentielles.
Lors d’un atelier à Thiès en partenariat avec l’Association des journalistes en santé et développement (Ajspd), la DSME a salué les progrès obtenus grâce aux campagnes de SVA, mais a également pointé des obstacles fiscaux qui menacent leur pérennité. Un plan national d’intégration de la SVA dans la routine de soins a été lancé, avec des débuts pilotes en 2013 dans plusieurs régions clés et une généralisation à l’échelle nationale en 2017.
Cependant, la DSME déplore une demande toujours insuffisante, en grande partie à cause d’une communication limitée et de la sous-utilisation de plateformes communautaires telles que les cases de santé. La vitamine A, essentielle au développement de l’enfant et à sa résistance aux maladies, n’est pas produite naturellement par le corps et doit être apportée par l’alimentation ou des compléments. Pour garantir la santé et le bien-être des enfants de 6 à 59 mois, il est crucial de poursuivre les efforts de supplémentation tous les six mois.
Ces informations ont été obtenues grâce à une contribution de Denise Zarour Medang, dont le rapport est consultable sur le site de Sud Quotidien, un confrère reconnu pour sa couverture des enjeux de santé publique au Sénégal.