Le traditionnel déplacement de la Saint-Patrick s’est déroulé dans un contexte diplomatique complexe cette année. Lors de sa visite à Washington, le Premier ministre irlandais Micheal Martin s’est entretenu avec le président américain Donald Trump dans un climat dominé par les tensions internationales liées au Moyen-Orient.
Le face-à-face, qui a eu lieu mardi dans le Bureau ovale, est intervenu à un moment charnière. Selon Al Jazeera, cette rencontre a coïncidé avec la démission du chef du centre national de l’antiterrorisme américain, Joe Kent. Ce départ est directement lié au conflit mené par les États-Unis et Israël en Iran.
Attendu sur sa fermeté concernant ce dossier, le dirigeant irlandais a d’abord opté pour l’écoute. Pendant les vingt premières minutes de l’entrevue, il est resté silencieux face à un Donald Trump énumérant divers griefs. Le président américain a notamment reproché aux pays européens et à l’OTAN de ne pas soutenir l’offensive en cours en Iran, qualifiant au passage les dirigeants iraniens de « pires personnes depuis Hitler ».
L’échange a également été marqué par une confusion concernant la présidence irlandaise. Alors que l’Irlande a rejoint la procédure de l’Afrique du Sud devant la Cour internationale de justice (CIJ) et que sa présidente, Catherine Connolly, a publiquement jugé la guerre illégale, Donald Trump a été interrogé sur ces déclarations. Ignorant que le chef d’État irlandais est une femme, il a rétorqué : « Écoutez, il a de la chance que j’existe ». Une erreur que Micheal Martin a choisi de ne pas corriger sur le moment.
Le Premier ministre irlandais s’est toutefois manifesté sur d’autres sujets. Lorsque Donald Trump a critiqué le Premier ministre britannique Keir Starmer, affirmant qu’il n’était « pas un Winston Churchill », Micheal Martin a recadré le propos. Il a rappelé au président américain le rôle historique de l’ancien dirigeant britannique lors de la guerre d’indépendance de l’Irlande, soulignant avec le sourire que ce dernier avait « créé son propre lot de difficultés » pour son pays.
Cette approche du Premier ministre n’a pas fait l’unanimité à Dublin. L’opposition irlandaise, par la voix du député du Sinn Féin Donnchadh O Laoghaire, a fustigé une occasion manquée. Les détracteurs estiment que Micheal Martin aurait dû profiter de cette tribune pour dénoncer publiquement les violations du droit international par l’administration américaine.