L’étau se resserre autour des auteurs de l’attaque visant l’un des plus hauts gradés du renseignement militaire russe. Alors que le lieutenant-général Vladimir Alekseyev se remet de ses blessures après une embuscade survenue vendredi à Moscou, les services de sécurité russes ont annoncé une avancée majeure dans l’enquête. L’opération, menée avec une rapidité surprenante, s’est dénouée bien loin des frontières russes, impliquant une collaboration sécuritaire internationale directe.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, le principal suspect, Lyubomir Korba, a été interpellé à Dubaï, aux Émirats arabes unis. Ce ressortissant russe avait pris la fuite quelques heures seulement après l’agression. Le Service fédéral de sécurité (FSB), cité par l’agence TASS, confirme que l’homme a été extradé vers la Russie grâce à l’assistance des partenaires émiriens. Cette arrestation intervient alors que Moscou accuse Kiev d’orchestrer une campagne de terreur contre ses officiers supérieurs.
Les circonstances de l’attaque, survenue dans la cage d’escalier de l’immeuble du général à Moscou, révèlent une préparation minutieuse. Vladimir Alekseyev, chef adjoint du renseignement militaire, a été touché au bras, à la jambe et à la poitrine. Hospitalisé, il a dû subir une intervention chirurgicale. Parallèlement à l’arrestation de Korba, le FSB indique qu’un complice présumé a été appréhendé dans la capitale russe, tandis qu’une autre suspecte aurait réussi à franchir la frontière vers l’Ukraine. La traque se poursuit pour identifier les commanditaires de cette opération.
Cet incident survient dans un contexte diplomatique particulièrement complexe. L’attaque s’est produite au lendemain de pourparlers de paix tenus précisément à Abu Dhabi, impliquant des représentants russes, ukrainiens et américains. Si ces échanges ont abouti à un échange de prisonniers, ils n’ont permis aucune percée significative sur l’arrêt des hostilités, malgré l’ultimatum fixé à juin par le président américain Donald Trump pour mettre fin à la guerre.
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a qualifié cette fusillade d’« acte terroriste » visant à saboter les négociations. Ce mode opératoire rappelle d’autres attaques ciblées attribuées par le Kremlin aux services ukrainiens, notamment l’assassinat à la voiture piégée du lieutenant-général Fanil Sarvarov en décembre et celui du lieutenant-général Yaroslav Moskalik en avril. Sur le terrain, le ministère russe de la Défense revendique la prise de deux nouveaux villages dans les régions de Kharkiv et Soumy, cherchant à consolider ses positions avant la reprise attendue des discussions trilatérales.