L’étau économique se resserre autour de la République islamique. Alors que les tensions diplomatiques et sécuritaires restent vives au Moyen-Orient, l’administration américaine a décidé de frapper directement au portefeuille du régime iranien. L’objectif affiché par Washington est de couper les flux financiers qui alimentent non seulement les opérations régionales, mais surtout la gestion musclée des mouvements de contestation interne.
Au cœur de cette nouvelle offensive du Département du Trésor se trouve ce que les spécialistes appellent la « flotte fantôme ». Selon les informations relayées par Al Jazeera, les États-Unis ont imposé vendredi une série de sanctions visant spécifiquement neuf navires, ainsi que leurs propriétaires et sociétés de gestion. Cette infrastructure maritime clandestine est accusée de permettre à Téhéran de contourner les embargos pour exporter son pétrole.
**Une manne financière détournée vers la répression**
Le volume des transactions incriminées est colossal. Le département d’État estime que cette flotte a transporté collectivement pour des centaines de millions de dollars de pétrole et de produits pétroliers vers les marchés étrangers. Pour Washington, la destination de ces fonds ne fait aucun doute : ils sont détournés pour financer « des mandataires terroristes régionaux, des programmes d’armement et les services de sécurité ».
Scott Bessent, le secrétaire au Trésor, a précisé que ces actions ciblent « une composante critique de la manière dont l’Iran génère les fonds utilisés pour réprimer son propre peuple ». Le porte-parole du département d’État, Tommy Pigott, a renchéri en affirmant que ces sanctions limiteront la capacité du régime à « financer la répression des Iraniens ».
**Un bilan humain lourd**
Cette stratégie de sanctions intervient dans un contexte de violences internes marquées. Les chiffres concernant les victimes de la répression des manifestations, initialement déclenchées par la vie chère avant de devenir politiques, divergent mais restent élevés. La télévision d’État iranienne a rapporté que 3 117 personnes ont été tuées lors des troubles. De son côté, l’agence de presse des militants des droits de l’homme (HRANA), basée aux États-Unis, avance un bilan de 4 519 morts, incluant 4 251 manifestants et 197 membres des forces de sécurité.
**Pression militaire et diplomatique**
Au-delà du volet économique, la pression est également militaire. Le président américain Donald Trump, après avoir menacé de frapper l’Iran en réponse aux tueries, a indiqué jeudi l’envoi d’une importante force navale dans la région, déclarant simplement : « Nous surveillons l’Iran ».
Sur le plan diplomatique, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a tenu une session d’urgence vendredi. L’organe, composé de 47 membres, a voté (25 pour, 7 contre) en faveur d’une résolution étendant le mandat des enquêteurs indépendants sur les violations des droits. Une décision immédiatement rejetée par Ali Bahreini, ambassadeur de l’Iran auprès des Nations unies à Genève, qui ne reconnaît pas la légitimité de cette session.