La chambre criminelle du tribunal de grande instance de Thiès a examiné ce lundi 13 juillet une affaire de viol, pédophilie et détournement de mineure impliquant l’apprenti chauffeur N. Ngom. Ce dernier est accusé d’avoir entretenu des rapports sexuels avec B. C., la fille de son patron, âgée de 15 ans au moment des faits qui se sont déroulés en 2024 à Thiès. Cette affaire a éclaté après que la fille est tombée enceinte. À la suite d’une plainte, le mis en cause, N. Ngom, a été arrêté puis placé sous mandat de dépôt.
À la barre, il a reconnu avoir entretenu des rapports sexuels avec la fille, tout en niant les faits de viol. N. Ngom a soutenu que leur relation était consentie et qu’ils formaient un couple. « J’ai eu des rapports sexuels avec elle, mais elle était consentante. Je ne l’ai pas violée. Nous vivions dans le même domicile et nous étions en couple. Nous avons eu des rapports sexuels à trois reprises. Ses parents n’étaient pas au courant de notre relation. Je ne savais pas que la loi interdisait les relations sexuelles avec une mineure », a-t-il déclaré avant de fondre en larmes.
La victime, B. C., a confirmé avoir eu des rapports sexuels avec le prévenu, mais a souligné qu’ils lui étaient imposés par ce dernier.
Dans son réquisitoire, le procureur de la République a rappelé que le prévenu n’a jamais contesté avoir entretenu des rapports sexuels avec la fille, aussi bien à l’enquête préliminaire que devant le tribunal. Il a souligné que la jeune fille a, elle aussi, confirmé l’existence de ces rapports.
Le représentant du ministère public a toutefois insisté sur le fait que la victime était mineure au moment des faits et ne pouvait, en droit, donner un consentement valable.
Selon lui, une contrainte a été exercée sur la jeune fille, ce qui caractérise les faits de viol. Estimant que les infractions de pédophilie et de détournement de mineure sont constituées, il a demandé au tribunal de déclarer N. Ngom coupable et de le condamner à cinq ans de réclusion criminelle.
Dans sa plaidoirie, Me Ayi a soutenu que les éléments du dossier ne permettent pas de retenir l’accusation de viol. Il a rappelé que, devant le juge d’instruction, la victime avait déclaré être amoureuse de N. Ngom et avait même exprimé le souhait de l’épouser.
Selon l’avocat, les deux entretenaient une relation amoureuse, ce qui, à ses yeux, exclut l’existence d’un viol. La défense a également insisté sur le fait qu’un enfant est né de cette relation.
Pour Me Ayi, une condamnation du prévenu serait contraire à l’intérêt de cette fillette, qui risque de grandir loin de son père.
Il a ainsi demandé au tribunal de faire une appréciation nuancée des faits avant de rendre sa décision.
Le verdict sera rendu le 27 juillet 2026.
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