Les accords signés le 4 décembre dernier à Washington ne se limitent pas à une initiative diplomatique pour la pacification de l’Est de la République démocratique du Congo (RDC). Si la cessation des hostilités reste l’objectif affiché, les textes entérinés instaurent parallèlement une réorganisation profonde des circuits d’approvisionnement en matières premières. Au cœur de ce dispositif, une stratégie économique assumée par la Maison Blanche vise à modifier durablement la destination des ressources congolaises.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette nouvelle architecture repose sur une intégration économique régionale pilotée par les États-Unis, impliquant directement le Rwanda et la RDC.
**Une revendication claire sur les droits miniers**
L’aspect sécuritaire des « Accords de Washington » se double d’un volet commercial que le président américain, Donald Trump, a explicité lors de la ratification. S’exprimant sur la nature du partenariat stratégique liant Kinshasa à Washington, le chef de l’État américain a défini l’enjeu sans détour : « Nous obtenons pour les États-Unis une grande partie des droits miniers du Congo dans le cadre de cet accord ».
Cette déclaration s’inscrit dans une volonté de « débloquer de nouvelles opportunités pour l’accès aux minerais critiques ». La méthode décrite par le président américain implique l’envoi de géants industriels sur le terrain pour extraire des terres rares et des actifs, une opération présentée comme lucrative pour toutes les parties. L’objectif est de sécuriser des flux à des fins commerciales et de défense, en réponse directe à la domination actuelle des chaînes d’approvisionnement par la Chine.
**Le basculement vers l’Atlantique et le Corridor de Lobito**
Concrètement, l’accord prévoit une réorientation logistique majeure. Le texte fixe des objectifs chiffrés à l’horizon de cinq ans : 90 % du zinc, 50 % du cuivre et 30 % du cobalt issus des partenariats publics devront transiter par le Corridor de Lobito. Ce chemin de fer, reliant les mines congolaises à l’Angola, permet d’évacuer les minerais vers l’océan Atlantique et les marchés occidentaux, au détriment de la route traditionnelle de l’Est et de l’Océan Indien.
Pour verrouiller ce redéploiement, Washington a instauré une « priorisation structurée ». Ce mécanisme accorde aux investisseurs américains un « droit de première offre » (Right of First Offer) sur les projets stratégiques, leur garantissant une fenêtre de négociation exclusive de trois mois avant l’ouverture à d’autres partenaires.
**La légalisation du « Tolling » avec le Rwanda**
L’accord aborde également la question sensible du traitement des minerais. Le Cadre d’Intégration Économique Régional (CIER) formalise le mécanisme dit de « Tolling ». Ce dispositif prévoit que des minerais extraits en RDC soient envoyés légalement vers des zones industrielles, notamment au Rwanda, pour y être raffinés avant leur exportation. L’ambition affichée est de transformer une contrebande de guerre en un commerce formel, traçable et taxé.
**Inquiétudes sur la souveraineté et réponse de Kinshasa**
Ces dispositions ont suscité de vives réactions au sein de la société civile et du clergé congolais. Mgr Fulgence Muteba, Archevêque métropolitain de Lubumbashi, a dénoncé des « accords de convoitise immodérée » et une forme de spoliation. L’activiste Gaëtan-Dauphin Nzowo pointe pour sa part la composition paritaire du Comité de Pilotage Conjoint (cinq représentants pour chaque pays), craignant un pouvoir de blocage de la partie américaine.
Face à ces critiques, le gouvernement congolais, par la voix de son porte-parole Patrick Muyaya, assure que l’État conserve « l’intégralité de son pouvoir ». Il précise qu’il n’existe « ni accord de 99 ans, ni bradage des ressources, ni cession de souveraineté », insistant sur le fait que Kinshasa garde le droit de refuser toute proposition jugée contraire à l’intérêt national.
La Chine est le future pas l’amerique et j’espere qu’un nouveau gouvernement Congolais rompra ces accords honteux.