Plus de 400 hôpitaux américains pourraient bientôt être contraints de fermer leurs portes ou de réduire drastiquement leurs services. Cette alerte émane d’une étude récente mettant en lumière les conséquences directes des futures orientations budgétaires à Washington.
Selon l’ONG Public Citizen, dont les conclusions sont rapportées par l’agence Anadolu, la cause principale de cette crise annoncée réside dans les coupes prévues au sein de Medicaid. Ce programme public d’assurance santé, destiné aux personnes à faibles revenus, est directement ciblé par le projet de loi qualifié de « big, beautiful bill » par le Président Donald Trump. Eileen O’Grady, chercheuse pour Congress Watch, a précisé à NBC News que des établissements déjà fragilisés financièrement devront faire des choix cruciaux pour se maintenir à flot, entraînant des effets en chaîne sur l’ensemble du système de santé local.
L’étude s’appuie sur des données des Centers for Medicare and Medicaid Services couvrant la période 2022-2024. Elle identifie 446 hôpitaux dits « à risque », répartis dans 44 États américains ainsi qu’à Washington DC. Ces structures, structurellement déficitaires ces dernières années, dépendent fortement des fonds de Medicaid. Parmi elles, environ 60 % (soit 267 établissements) sont situées en zone urbaine, ce qui impactera particulièrement les communautés noires et latino-américaines.
Sur le plan financier, les mesures envisagées incluent l’instauration d’exigences de travail dès 2027 et la mise en place de plafonds de financement à partir de 2028. NBC souligne que ces décisions pourraient amputer les dépenses fédérales de 1 000 milliards de dollars sur une décennie. Pour Zachary Levinson, expert au programme sur les coûts hospitaliers de KFF, ces réductions risquent de creuser un déficit que les 50 milliards de dollars d’aides prévues pour les zones rurales ne suffiront pas à combler.
Face à ce que certains responsables du secteur qualifient de « menace existentielle », plusieurs groupes hospitaliers anticipent déjà des restructurations massives. Alameda Health System prévoit la suppression de près de 300 postes et des pertes annuelles dépassant les 100 millions de dollars d’ici 2030. De son côté, le réseau Trinity Health, basé dans le Michigan, table sur un déficit de 1,5 milliard de dollars, ce qui se traduira par des réductions d’effectifs et une diminution de l’offre de soins.