Le président ukrainien Volodymyr Zelenskyy est monté au créneau pour dénoncer une décision du Comité International Olympique (CIO) concernant le skeletoneur Vladyslav Heraskevych. Au cœur de cette friction diplomatique et sportive : un équipement jugé non conforme par l’instance olympique, empêchant l’athlète de prendre le départ d’une course jeudi. L’incident a provoqué une vive réaction au sommet de l’État ukrainien, qui y voit une atteinte à la mémoire des victimes de la guerre.
Le litige porte spécifiquement sur le design du casque de Vladyslav Heraskevych. L’athlète souhaitait concourir avec un équipement arborant des illustrations représentant les athlètes ukrainiens tués depuis le début de l’invasion russe. Une initiative bloquée par le CIO, qui invoque le respect des règles de neutralité sur le terrain de jeu.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, Volodymyr Zelenskyy a fermement rejeté cette interprétation. Dans une déclaration officielle, le chef d’État a affirmé qu’« aucune règle n’a été enfreinte », soulignant que le casque était une question « d’honneur et de mémoire ». Pour appuyer son propos, le président a rappelé un chiffre lourd de sens : 660 athlètes et entraîneurs ukrainiens ont perdu la vie du fait de l’agression russe.
Face à l’interdiction de porter ce casque, le CIO a proposé une solution alternative à l’athlète : le port d’un brassard noir durant la compétition et la possibilité d’exposer son casque immédiatement après l’épreuve. Kirsty Coventry, membre du CIO, a précisé que si personne ne contestait le « message puissant » de l’équipement, l’organisation cherchait une solution adaptée aux règles strictes régissant l’aire de compétition.
Cette décision a été vécue comme une injustice par le camp ukrainien. Le ministre des Sports, Matvii Bidnyi, a qualifié la mesure d’« injuste », tout en confirmant que l’équipe ne se retirerait pas des Jeux. Vladyslav Heraskevych, qui a reçu l’Ordre de la Liberté par décret présidentiel suite à cet incident, a pour sa part résumé la situation en une phrase : « C’est le prix de notre dignité. »