L’Union européenne a présenté, lundi, une série de mesures visant Google et son système Android, avec l’objectif d’ouvrir davantage l’écosystème mobile à des services d’intelligence artificielle concurrents. Cette initiative s’inscrit dans l’application du Digital Markets Act (DMA), le règlement européen destiné à encadrer les très grandes plateformes numériques.
D’après Insider Paper, la Commission européenne souhaite que des services d’IA concurrents puissent interagir efficacement avec les applications installées sur les appareils Android des utilisateurs. Bruxelles cite notamment des usages comme l’envoi d’un e-mail via l’application choisie par l’utilisateur, la commande de nourriture ou encore le partage d’une photo avec des proches.
La Commission européenne explique que ces mesures proposées doivent permettre aux utilisateurs d’Android dans l’Union européenne de bénéficier d’un choix plus large de services d’IA. Le DMA impose aux plus grandes entreprises technologiques mondiales d’ouvrir davantage leurs services à la concurrence, afin d’élargir les options offertes aux consommateurs et de limiter les abus liés à une position dominante sur le marché.
Google a contesté cette orientation. L’entreprise américaine a dénoncé une « intervention injustifiée » qui, selon elle, pourrait augmenter inutilement les coûts tout en fragilisant des protections essentielles en matière de confidentialité et de sécurité pour les utilisateurs européens.
Cette nouvelle étape correspond à des conclusions préliminaires issues d’un processus lancé en janvier par Bruxelles. La procédure en cours ne constitue pas, à ce stade, une enquête formelle pouvant déboucher directement sur des sanctions financières. En revanche, si la Commission estime par la suite que les efforts de Google sont insuffisants, elle peut conclure à un non-respect du DMA.
En cas de violation du règlement, les sanctions peuvent atteindre jusqu’à 10% du chiffre d’affaires mondial total d’une entreprise. Google fait déjà l’objet de plusieurs enquêtes formelles au titre du DMA. Le groupe a par ailleurs été condamné en septembre 2025 à une amende de 2,95 milliards d’euros dans une affaire européenne de concurrence antérieure à cette législation numérique. Dans ce dossier, l’administration du président américain Donald Trump a critiqué à plusieurs reprises le DMA ainsi que le Digital Services Act, accusant Bruxelles de cibler de manière injuste les entreprises américaines.