Lors d’une intervention devant les parlementaires de son parti à Ankara, le chef de l’État turc a abordé la situation complexe chez son voisin syrien. Alors que les contours d’un règlement semblent se préciser après des années de conflit, Recep Tayyip Erdogan a tenu à définir les lignes rouges à ne pas franchir pour espérer une sortie de crise durable.
L’heure est à la reconstruction et à l’unité, mais pas à n’importe quel prix. C’est en substance le message délivré ce mercredi par le président turc lors de la réunion du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (AK Parti). Selon les propos rapportés par l’agence Anadolu, le dirigeant a insisté sur la nécessité impérieuse pour les Syriens de bâtir leur avenir ensemble, loin des divisions qui ont miné le pays.
Pour Ankara, la voie à suivre est désormais claire, mais elle reste semée d’embûches. Recep Tayyip Erdogan a affirmé que la « feuille de route pour une paix durable » est déjà tracée. Cependant, il a explicitement averti les différentes parties prenantes contre trois écueils majeurs qui pourraient tout faire dérailler : les « faux calculs », la répétition des erreurs du passé et l’empoisonnement du processus par des « revendications maximalistes ».
Cette position s’accompagne d’une vision inclusive de la société syrienne. Le président turc a évoqué le coût humain du conflit avec une tonalité particulière, soulignant que « chaque goutte de sang versée brise le cœur », sans distinction d’origine, qu’il s’agisse d’Arabes, de Turkmènes, de Kurdes ou de Nusayris. Pour lui, chaque perte humaine en Syrie résonne comme une perte pour la Turquie elle-même.
Au-delà de la sécurité, l’enjeu est également économique. Le chef de l’État a appelé à une réorientation radicale de l’utilisation des richesses du pays. Il estime qu’il est temps que les ressources, tant de surface que souterraines, servent à la prospérité de la population plutôt qu’à des fins militaires ou souterraines, faisant allusion à ceux qui les utilisent « pour creuser des tunnels sous les villes ».
Enfin, face aux inquiétudes régionales, Recep Tayyip Erdogan a tenu à clarifier les intentions de la Turquie. Rejetant fermement toute accusation d’expansionnisme, il a assuré que son pays ne cherche ni à exercer une influence dominatrice ni à façonner la politique intérieure de ses voisins, privilégiant une approche fondée sur la fraternité.