Le calendrier politique haïtien a franchi une étape décisive ce 7 février 2026. Conformément aux accords en vigueur, le mandat des autorités de transition est arrivé à son terme, entraînant une reconfiguration immédiate du sommet de l’État. Face à cette nouvelle donne institutionnelle à Port-au-Prince, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a clarifié sa position et désigné ses interlocuteurs officiels.
Paris a pris acte de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition, une échéance prévue par l’accord politique du 3 avril 2024. Dans une déclaration officielle relayée par l’agence Anadolu, la diplomatie française a validé le nouveau schéma exécutif. Elle salue « la transmission ordonnée du pouvoir » qui s’est opérée entre le président sortant du Conseil, Laurent Saint-Cyr, et la nouvelle instance dirigeante : le Conseil des ministres, désormais placé sous l’autorité directe du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Cette reconnaissance s’accompagne d’attentes précises sur le plan sécuritaire. La France encourage explicitement les nouvelles autorités à poursuivre le renforcement de la Police nationale d’Haïti (PNH) et des Forces armées d’Haïti (FAd’H). L’objectif affiché est d’intensifier la lutte contre les gangs criminels, en mobilisant également l’appareil judiciaire. Paris confirme, dans le cadre de la résolution 2793 du Conseil de sécurité de l’ONU, le maintien de son appui aux forces de sécurité et au déploiement de la Force de répression des gangs.
Au-delà de l’aspect sécuritaire, la diplomatie française a réitéré son engagement sur le volet humanitaire et sa politique d’investissement solidaire. L’appel lancé aux acteurs politiques et à la société civile vise une collaboration étroite avec les autorités intérimaires pour assurer un retour à l’ordre constitutionnel via des élections libres.
Ce transfert de pouvoir intervient dans un contexte de crise aiguë. Haïti fait face à une insécurité généralisée et à une précarité extrême touchant une grande partie de ses 11 millions d’habitants. Selon les données des Nations unies, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées et les violences ont fait plus de 1 500 morts entre avril et juin 2025. La gravité de la situation a d’ailleurs conduit les États-Unis à classer, en mai 2025, les groupes armés « Viv Ansanm » et « Gran Grif » comme organisations terroristes étrangères.