Tom Barrack acte la fin d’une époque et fixe la nouvelle priorité de Washington pour les forces de Mazloum Abdi

Dans le nord de la Syrie, la configuration des alliances est en pleine mutation. Alors que les combats ont récemment redoublé d’intensité, les États-Unis tentent de stabiliser la région en poussant leurs partenaires locaux vers une réorganisation drastique. L’émissaire américain a rencontré les responsables des Forces démocratiques syriennes (FDS) pour leur exposer la nouvelle réalité diplomatique et sécuritaire.

L’envoyé spécial des États-Unis pour la Syrie, Tom Barrack, a effectué jeudi un déplacement crucial pour s’entretenir avec Mazloum Abdi, commandant en chef des FDS, et la responsable politique Ilham Ahmed. L’objectif affiché était de consolider le cessez-le-feu précaire dans le nord du pays. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette rencontre a débouché sur un appel pressant à l’adoption de « mesures de confiance » entre les forces à direction kurde et le gouvernement central.

Sur la plateforme X, le diplomate américain a souligné que toutes les parties convenaient de la nécessité absolue de respecter la trêve actuelle. Cependant, au-delà de l’arrêt des hostilités, c’est l’avenir institutionnel des FDS qui se joue. Washington a réitéré son soutien à l’accord du 18 janvier, qui prévoit une issue bien précise pour ces forces : leur intégration pure et simple au sein des institutions de l’État syrien. Cette démarche s’inscrit dans la volonté du président syrien Ahmed al-Sharaa d’unifier le pays.

Cette intégration constitue le point d’achoppement majeur. Les FDS, qui ont longtemps cherché à maintenir une autonomie dans les zones à majorité kurde, se heurtent à la vision centralisatrice de Damas. Ces divergences sur les modalités de fusion ont d’ailleurs alimenté les récents conflits. Les forces gouvernementales ont profité de ces tensions pour reprendre le contrôle de territoires stratégiques, incluant Alep, Raqqa et Deir Ezzor, ainsi que des infrastructures pétrolières et agricoles vitales.

La pression s’accentue sur le terrain. Dans le cadre d’un cessez-le-feu annoncé mardi, Damas a donné un délai de quatre jours aux FDS pour présenter un plan de fusion de leurs enclaves restantes. En contrepartie, l’armée syrienne s’est engagée à ne pas pénétrer dans les villes de Hassaké et Qamishli si un accord était trouvé. Toutefois, les accusations de violation de trêve fusent déjà de part et d’autre.

Le contexte géopolitique ne joue plus en faveur des forces kurdes. Jadis fer de lance de la coalition internationale contre l’État islamique (EI), les FDS voient leur influence s’effriter à mesure que le président américain Donald Trump renforce ses liens avec le nouveau leadership syrien. Tom Barrack a d’ailleurs signifié que le rôle des FDS en tant que « principale force anti-EI » avait « largement expiré » face à la montée en puissance de Damas. Une situation illustrée par le transfert de 150 prisonniers de l’EI vers l’Irak, où ils devront répondre de leurs actes devant la justice.

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