Depuis près de trois semaines, les retombées de la guerre opposant les États-Unis et Israël à l’Iran s’étendent aux pays arabes du Golfe. Face à des tirs quasi-quotidiens de missiles et de drones iraniens, les systèmes de défense antiaérienne de la région sont en alerte maximale, selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera.
Les interceptions se sont multipliées sur plusieurs fronts. Mardi tôt dans la matinée, le ministère qatari de la Défense a annoncé qu’un missile visant son territoire avait été neutralisé par ses forces armées. Au Koweït, la Garde nationale a abattu un aéronef sans pilote à l’aube, quelques heures après que l’armée a signalé faire face à des attaques hostiles. L’Arabie saoudite et Bahreïn ont également confirmé la destruction de drones et de missiles au cours des dernières heures, la Défense saoudienne précisant avoir intercepté un drone dans la région orientale du royaume.
Toutefois, la répartition de ces frappes est inégale. Selon Zein Basravi, correspondant d’Al Jazeera basé à Dubaï, les Émirats arabes unis subissent la plus grande part de cette offensive. Sur les quelque 3 000 projectiles tirés par l’Iran en direction des pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), plus de la moitié ont visé le territoire émirati. La nuit de lundi à mardi a été marquée par de multiples explosions entendues à travers Dubaï, le bureau des médias de la ville confirmant qu’elles résultaient d’opérations d’interception menées par la défense antiaérienne.
Téhéran justifie ces tirs, lancés de façon continue depuis le 28 février, en affirmant viser des bases militaires utilisées par les États-Unis dans le cadre du conflit. Une explication fermement rejetée par les nations du Golfe, qui qualifient ces attaques d’injustifiées. Notre rédaction note que ces frappes ont déjà causé plusieurs décès dans les pays de la région.
Au-delà du bilan humain, les conséquences économiques font craindre une crise d’une ampleur inédite depuis la guerre du Golfe de 1990-1991. Les secteurs du tourisme et des transports subissent des perturbations majeures, mais c’est l’industrie énergétique qui enregistre le choc le plus frontal. Les données du cabinet Rystad Energy indiquent que la production quotidienne de pétrole au Moyen-Orient a chuté de 21 millions à 14 millions de barils après un peu plus d’une semaine de conflit, une baisse directement liée à la fermeture du détroit d’Ormuz.