Tensions au détroit d’Hormuz : le prix du gaz en Europe s’envole

La flambée des tensions au Moyen-Orient a ravivé les craintes sur la sécurité énergétique de l’Europe, provoquant une envolée de plus de 20 % des prix du gaz naturel en début de semaine. Un signal d’alarme pour un continent toujours très dépendant de ses importations.

Au cœur des inquiétudes : le détroit d’Hormuz, artère vitale du commerce énergétique mondial. Les récentes frappes conjointes américaines et israéliennes en Iran, suivies de représailles de Téhéran, ont considérablement perturbé le trafic maritime dans ce passage stratégique. La nervosité des marchés ne s’est pas fait attendre, illustrant la fragilité de l’approvisionnement mondial.

Sur le principal marché européen, le Dutch Title Transfer Facility (TTF), les chiffres sont éloquents. Le contrat pour livraison en avril a bondi pour s’échanger à 39,20 euros le mégawatt-heure, contre à peine 31,95 euros avant l’escalade militaire. Cette augmentation propulse les prix à des sommets inédits depuis plus d’un an et représente le plus fort bond en pourcentage enregistré depuis août 2023.

Le détroit d’Hormuz n’est pas un point de passage anodin. Près de 20 % du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) de la planète y transitent, reliant les riches producteurs du Golfe persique aux marchés internationaux. Le Qatar, l’un des plus grands exportateurs de GNL au monde, dépend quasi exclusivement de cette route pour ses livraisons.

Bien que la majorité du GNL passant par Hormuz soit destinée à l’Asie, une perturbation prolongée a des répercussions planétaires. Dans un marché globalisé, la raréfaction de l’offre, même régionale, déclenche une compétition accrue pour les cargaisons disponibles, faisant mécaniquement grimper les prix pour tous les acheteurs. L’Europe, qui a massivement remplacé le gaz russe par du GNL, se retrouve en première ligne.

La situation est d’autant plus préoccupante que les réserves européennes s’amenuisent. Avec des niveaux de stockage passés sous la barre des 30 %, la marge de manœuvre est réduite. La moindre menace sur l’approvisionnement contraint les acheteurs du continent à sécuriser de nouveaux volumes à prix d’or, rappelant la précarité de l’équilibre énergétique européen.

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