Tension à Chypre : une base britannique frappée par un drone présumé iranien

NICOSIE, Chypre – La base militaire britannique de la Royal Air Force à Akrotiri, sur l’île de Chypre, a été la cible d’une attaque de drone présumée iranienne dans la nuit de dimanche à lundi. Cet incident, qui n’a causé que des dégâts mineurs, marque une escalade significative et place l’île méditerranéenne au cœur des tensions géopolitiques régionales.

L’attaque est survenue à 00h03, heure locale, lorsqu’un drone de type Shahed, selon les autorités, s’est écrasé sur les installations. La nouvelle a été confirmée conjointement par le président chypriote, Nikos Christodoulides, et le ministère britannique de la Défense. Cet événement intervient peu après que le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a déclaré que le Royaume-Uni autoriserait les États-Unis à utiliser ses bases pour d’éventuelles frappes contre l’Iran.

Immédiatement après l’attaque, le président Christodoulides a assuré que « tous les services compétents de la république sont en alerte et en pleine préparation opérationnelle ». Il a cependant tenu à clarifier la position de son pays : « Je veux être clair, notre pays ne participe d’aucune manière et n’a pas l’intention de faire partie d’une quelconque opération militaire », a-t-il martelé.

De son côté, le ministère britannique de la Défense a évoqué une « situation en cours », affirmant que la protection des forces dans la région était « au plus haut niveau » et que la base avait réagi pour défendre son personnel. Les autorités de la base ont conseillé aux résidents des environs de se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre.

Akrotiri est l’une des deux bases souveraines que le Royaume-Uni a conservées à Chypre après l’indépendance de l’ancienne colonie en 1960. Sa position stratégique en Méditerranée orientale en a fait une plaque tournante pour des opérations militaires passées en Irak, en Syrie et au Yémen. L’origine exacte du tir du drone reste pour l’heure indéterminée.

L’incident a également provoqué une réaction au niveau européen. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a exprimé sa solidarité. « Bien que la République de Chypre n’ait pas été la cible, soyons clairs : nous sommes collectivement, fermement et sans équivoque aux côtés de nos États membres face à toute menace », a-t-elle déclaré sur X. Chypre est en effet membre de l’Union européenne, bien que les bases soient considérées comme territoire souverain britannique.

Selon deux sources anonymes citées par l’agence de presse Reuters, un second drone aurait été intercepté par les défenses de la base, une information qui n’a pas pu être vérifiée de manière indépendante. Cette première attaque directe contre l’installation militaire britannique à Chypre illustre la propagation du conflit et ses répercussions potentielles sur le sol européen.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire