En Asie du Sud, la hausse continue des prix de l’or bouleverse l’organisation des mariages traditionnels. De nombreuses familles se tournent désormais vers des alternatives moins coûteuses pour faire face aux exigences financières liées aux parures et aux dots.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le cours du métal précieux a atteint un pic de 5 595 dollars l’once le 29 janvier dernier, avant de s’établir autour de 4 861 dollars. Cette flambée a un impact direct sur le marché régional. En Inde, deuxième plus grand consommateur d’or au monde, le Conseil mondial de l’or indique que la demande de bijoux a chuté de 24 % en 2025 par rapport à l’année précédente. Au Pakistan et au Bangladesh, les artisans joailliers constatent également des baisses de ventes allant jusqu’à 50 % sur l’année écoulée.
Pour contourner cette contrainte économique, les futures mariées privilégient de plus en plus les bijoux en toc, les pièces de moindre carat (12 ou 18 carats), ou le concept de « l’or d’un gramme » : des ornements en métaux de base recouverts d’une fine couche d’or 24 carats. Sur les marchés de New Delhi, Mumbai ou Dhaka, ces imitations attirent une nouvelle clientèle, avec des parures dont le prix de base varie entre 1,5 et 215 dollars selon le pays et la conception.
Cependant, la pression sociale liée à l’or, culturellement perçu comme une garantie de dignité et de protection pour la mariée, continue de peser sur les foyers les plus modestes. À Srinagar, au Cachemire sous administration indienne, les responsables communautaires estiment que près de 50 000 femmes ont dépassé l’âge habituel du mariage. Cette situation s’explique en grande partie par l’incapacité de leurs familles à satisfaire les demandes en or formulées par les belles-familles lors des propositions de mariage.