Les Sénégalais aiment bien parler de choses qu’ils ne maîtrisent. Et cela crée des croyances qui ne reposent que sur la rumeur et l’habitude. A la Mecque, la croyance populaire vous dit que lors de la Tabaski, vous tuez votre mouton et vous l’abandonnez sur place. Le fameux « réndi diégui’ » qui a donné même naissance à une sentence « Tabaski Makka , Réndi diégui ». Je connais beaucoup de pèlerins qui sont allés plusieurs fois à la Mecque, et qui ne savent pas que cela n’est pas vrai.
1/ On ne tue pas soi-même son mouton. Il y a un endroit, pas loin de Mouna, où il y a des abattoirs. C’est là que sont abattus tous les moutons.
2/ Comme, on n’a pas l’habitude de le faire par méconnaissance, tu peux bel et bien récupérer ton mouton à cet endroit, en présentant le ticket d’achat de ton mouton.
Quand, en 2004, je suis allé à la Mecque, j’ai fait la connaissance d’un Saoudien d’origine Nigériane. Il faisait partie de la colonie Nigériane que le Roi Fayçal avait fait venir, pendant la guerre du Biafra, pour les sauver. Ils occupent un quartier entier à la Mecque. Au détour d’une conversation avec ce vieux, il me demandait pourquoi, les Sénégalais et les autres Africains ne prenaient pas leurs moutons pour se nourrir le reste du pèlerinage, parce qu’il avait remarqué que plein de pèlerins avaient des problèmes de bouffe, surtout avec les retards des vols.
Je lui répondis que c’est peut-être que ça ne devait pas être possible de récupérer son mouton. Il me rétorqua que, c’était bien possible. Et, il m’emmena à un bureau pas loin, et expliqua au monsieur que je voulais récupérer mon mouton. Celui-ci me demanda mon ticket. Je lui dis que je n’en avais pas. Il me suggéra d’aller le demander à mon encadreur. Ce que je fis. L’encadreur rechignait , me disant qu’il n’avait jamais vu ça, et qu’il en était à son dixième pèlerinage. Néanmoins, devant mon insistance, il consentit à me remettre mon ticket d’achat. Je fus en informer tous les autres pèlerins présents, et on fut onze à prendre nos tickets que j’allais présenter au monsieur du bureau. Il mit une voiture à ma disposition, et on fut aux abattoirs, où on me remit nos onze moutons.
Ce fut la fête ce jour-là, à l’hôtel comme au pays, on grilla nos côtelettes, et le lendemain, on mangea un tiébou yapp d’enfer.
C’est vous dire qu’à la Mecque, « Réndi diégui amou fa ».
On m’expliqua après que ce sont ces mêmes moutons que les Saoudiens nous expédient par bateau. Ces mêmes moutons dont on nous dit que ce sont les Saoudiens qui nous les ont offerts. Ce sont les moutons des pèlerins qui n’ont pas été récupérés à la Mecque.
Tabaski Makka: pourquoi les pèlerins sénégalais abandonnent leurs moutons?
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ce type ne merite pas de cimmentaire
Passe donc ton chemin !
il a parfaitement raison