La réponse militaire américaine aux attaques subies en fin d’année dernière vient de prendre une tournure opérationnelle d’envergure. Le Commandement central des États-Unis (CENTCOM) a confirmé, ce samedi, avoir mené une série d’opérations punitives intensives sur le sol syrien. Ces manœuvres, qui mêlent frappes aériennes et redéploiement stratégique, visent à solder les comptes d’un incident meurtrier survenu en décembre, tout en redéfinissant la présence américaine dans la région.
Entre le 3 et le 12 février, les forces américaines ont visé plus de 30 objectifs liés à l’État islamique (EI) en Syrie. Selon les précisions fournies par le commandement américain et relayées par notre source Al Jazeera, ces frappes ont été réalisées à l’aide de « munitions de précision ». L’objectif affiché était la destruction des infrastructures logistiques et des entrepôts d’armes du groupe armé, afin de maintenir une « pression militaire incessante » sur les résidus du réseau terroriste.
Une vengeance pour l’attaque de Palmyre
Cette intensification des frappes est la réponse directe à l’embuscade de décembre dernier près de la ville historique de Palmyre. Lors de cette attaque revendiquée par l’EI, deux militaires américains, le sergent Edgar Brian Torres-Tovar et le sergent William Nathaniel Howard, ainsi qu’un interprète civil américain, Ayad Mansoor Sakat, avaient perdu la vie. C’est cet événement qui a déclenché l’opération « Hawkeye ».
Le bilan global de cette opération, qui s’étend sur les deux derniers mois, fait état de plus de 50 combattants tués ou capturés et d’une centaine d’infrastructures de l’EI neutralisées.
Transfert de détenus et retrait d’Al-Tanf
Au-delà des frappes, la logistique carcérale a également été revue. L’armée américaine a finalisé, vendredi, le transfert de milliers de détenus de l’EI depuis la Syrie vers l’Irak. Cette opération, réalisée à la demande de Bagdad, doit permettre le jugement de ces prisonniers devant les tribunaux irakiens.
Sur le plan territorial, un changement majeur a été acté. Le ministère syrien de la Défense a confirmé que les forces gouvernementales ont pris le contrôle de la base militaire d’Al-Tanf, située dans l’est du pays. Ce site stratégique était opéré depuis des années par les troupes américaines dans le cadre de la lutte contre l’EI.
Ce retrait s’accompagne d’un pivot diplomatique notable. Washington, qui a longtemps collaboré avec les Forces démocratiques syriennes (FDS) dirigées par les Kurdes pour défaire territorialement l’EI en 2019, a indiqué que cette alliance touchait à sa fin. Les États-Unis opèrent désormais un rapprochement avec les autorités syriennes, alors que Damas cherche à étendre son contrôle sur l’ensemble du territoire national.