Syrie : La modalité opérationnelle inattendue qui a permis le transfert de la base d’al-Tanf à l’armée régulière

Située aux confins des frontières avec l’Irak et la Jordanie, la base militaire d’al-Tanf constituait depuis une décennie un point d’ancrage stratégique pour les forces occidentales. Alors que le désengagement des États-Unis se précise dans la région, le ministère syrien de la Défense a officialisé la reprise de ce site névralgique par ses unités, marquant une nouvelle étape concrète dans la reconfiguration territoriale du pays.

L’opération de transfert s’est déroulée ce jeudi. Selon les déclarations du ministère, relayées par notre source Al Jazeera, les unités de l’Armée arabe syrienne ont pris le contrôle effectif d’al-Tanf, sécurisant à la fois la base et son périmètre immédiat. Ce redéploiement s’accompagne d’une montée en puissance du dispositif sécuritaire le long de la frontière syro-irako-jordanienne, où des gardes-frontières doivent être positionnés dans les prochains jours.

**Une transition concertée entre les deux puissances**

Ce changement de main ne résulte pas d’un affrontement, mais d’une procédure spécifique. Le communiqué officiel précise que la reprise du site a été réalisée « grâce à une coordination entre les parties syrienne et américaine ». Cette coopération logistique intervient dans un contexte où la présence militaire américaine, établie en 2014 pour lutter contre l’État islamique (EI), se réduit progressivement.

Les effectifs américains sur le sol syrien ont connu des fluctuations notables. Si le Pentagone évoquait la présence de 1 500 soldats en juillet 2025, ce chiffre avoisinerait désormais les 900 militaires, selon des données de l’Associated Press. Donald Trump avait par ailleurs manifesté de longue date son intention de retirer les troupes américaines de Syrie.

**Contexte politique et sécuritaire**

Le retrait d’al-Tanf s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. Il survient quelques mois après l’intégration d’Ahmed al-Sharaa, ancien dirigeant du groupe armé Hayat Tahrir al-Sham, au sein de la coalition anti-EI. Parallèlement, un accord a été négocié par les États-Unis pour intégrer les Forces démocratiques syriennes (FDS), partenaires historiques de Washington, aux institutions gouvernementales syriennes.

Sur le terrain, d’autres signes de désengagement ont été observés. Un correspondant d’Al Jazeera a rapporté plus tôt ce mois-ci une diminution visible de la présence américaine autour des installations militaires de la région d’al-Shaddadi, dans la province de Hassaké, incluant le retrait de drapeaux et d’équipements aéronautiques.

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