Une équipe de l’agence Anadolu a pu s’approcher des infrastructures de la cimenterie Lafarge, située dans la province d’Alep. Alors que les lignes de front bougent dans le nord-est syrien, ces images remettent en lumière un site industriel au cœur d’une procédure judiciaire majeure dont l’issue est attendue pour le printemps.
Le reportage effectué par nos confrères d’Anadolu montre l’usine implantée dans la zone rurale du district d’Ayn al-Arab (Kobané). Ce secteur a connu une évolution stratégique récente : l’armée syrienne y a repris position après le retrait de l’organisation YPG de plusieurs localités. C’est précisément à Aïn Issa, non loin de l’usine, que les autorités syriennes ont ouvert un corridor destiné à l’acheminement de l’aide vers Ayn al-Arab.
La proximité de ce complexe industriel avec les nouvelles voies humanitaires rappelle le rôle controversé joué par l’entreprise française dans la région. Des documents précédemment diffusés par l’agence turque indiquent que le cimentier aurait maintenu une activité en coopérant avec plusieurs groupes armés, dont Daech, à l’époque où l’organisation contrôlait ce territoire. Ces éléments pointent également une présumée connaissance de ces interactions par les services de renseignement français.
Sur le plan judiciaire, les conséquences de ces activités sont déjà tangibles à l’international. Aux États-Unis, la firme a été contrainte de verser, en 2022, une pénalité d’environ 778 millions de dollars pour avoir entretenu des relations commerciales avec l’organisation terroriste.
En France, le dossier suit son cours avec une échéance proche. Le groupe Lafarge et quatre anciens dirigeants ont été renvoyés devant la justice pour financement d’organisations terroristes et violation d’embargo de l’Union européenne. Alors que l’instruction pour « complicité de crimes contre l’humanité » se poursuit, le verdict concernant le volet du financement du terrorisme est attendu pour avril 2026.