Sur le front ukrainien, la perte de capacité subite des troupes russes après la désactivation ciblée de Starlink

Longtemps moqués pour leur manque de précision, les drones russes ont récemment gagné en létalité grâce à l’intégration illégale de terminaux internet par satellite. Face à cette menace croissante, une contre-mesure technique activée début février a brutalement modifié le rapport de force communicationnel sur le terrain. L’initiative, coordonnée entre Kiev et l’entreprise américaine SpaceX, prive désormais les forces russes d’un atout tactique majeur.

Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, l’armée russe avait réussi à contourner les sanctions occidentales en important massivement des terminaux Starlink via des pays tiers, notamment Dubaï et certaines ex-républiques soviétiques. Ces équipements, activés avec des documents falsifiés, permettaient aux opérateurs russes de piloter leurs drones kamikazes Geran-2 en temps réel et de résister au brouillage électronique ukrainien.

Cependant, cette supériorité technologique vient de se heurter à un « mur numérique ». Depuis le début du mois de février, SpaceX a mis en place un blocage systématique des terminaux géolocalisés sur les zones occupées par la Russie. Pour renforcer ce dispositif, une restriction cinétique a été ajoutée : tout terminal se déplaçant à plus de 90 km/h est automatiquement désactivé, une mesure spécifiquement conçue pour empêcher leur utilisation sur des drones rapides.

**Des troupes russes « comme des chatons aveugles »**

L’impact de cette coupure a été immédiat sur la ligne de front. Le lieutenant-général Ihor Romanenko, ancien chef adjoint des forces armées ukrainiennes, confirme que l’efficacité des attaques de drones russes a « considérablement diminué ». La perte de connexion a également désorganisé les petits groupes d’infanterie russe tentant d’infiltrer les positions ukrainiennes.

La description faite par Andriy Pronin, spécialiste des drones militaires, illustre l’ampleur du désarroi dans le camp adverse. Selon lui, les forces russes sont désormais « comme des chatons aveugles », incapables de coordonner leurs mouvements avec la même fluidité. Des communications interceptées sur Telegram témoignent de soldats russes se plaignant d’être « privés de tout moyen de contact » dans des zones contestées comme Koupiansk.

**Une mesure à double tranchant**

Cette opération de nettoyage spectral, attribuée à l’action du ministre ukrainien de la Défense Mykhailo Fedorov auprès d’Elon Musk, a toutefois engendré des dommages collatéraux. Le blocage a temporairement affecté des unités ukrainiennes utilisant des terminaux Starlink achetés par des civils ou des organisations caritatives, et non fournis directement par le ministère de la Défense.

Ces terminaux doivent désormais être inscrits sur une « liste blanche » mise à jour toutes les 24 heures pour fonctionner. Un militaire ukrainien opérant dans la région de Kharkiv a confié à Al Jazeera que les communications de son unité ont été coupées pendant deux jours, le temps de régulariser leur équipement via la nouvelle procédure de vérification.

Malgré ce succès tactique pour Kiev, les experts tempèrent l’enthousiasme général. Si la mesure perturbe lourdement les opérations russes à court terme, elle ne constitue pas une solution définitive. L’armée russe devrait, selon les estimations, mettre plusieurs semaines pour basculer vers des systèmes de communication plus traditionnels comme la radio ou la fibre optique, rétablissant ainsi progressivement ses capacités de coordination.

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