La sécurité des forces internationales déployées au Sud-Liban se détériore rapidement dans le sillage de l’offensive terrestre israélienne. Une succession d’incidents meurtriers vient de frapper la mission de maintien de la paix, suscitant de vives réactions diplomatiques.
Selon les informations relayées par Al Jazeera, la Force intérimaire des Nations unies au Liban (FINUL) a annoncé la perte de deux Casques bleus supplémentaires. Ces derniers ont perdu la vie lundi, suite à une explosion d’origine indéterminée qui a détruit leur véhicule à proximité du village de Bani Hayyan. L’incident a également fait un blessé grave et un autre blessé léger parmi les membres de la force onusienne.
Cette annonce intervient quelques heures après un précédent drame. Dimanche, un projectile a explosé près d’une position de la FINUL dans le village d’Aadshit al-Qusayr, causant la mort d’un Casque bleu. Le ministère indonésien des Affaires étrangères a par la suite confirmé que la victime était l’un de ses ressortissants. Trois autres soldats de la paix indonésiens ont été blessés lors de cette attaque, qualifiée de « tirs d’artillerie indirects » par Jakarta, qui a formellement exigé une enquête transparente.
Ces pertes s’inscrivent dans un contexte d’intensification de l’invasion terrestre israélienne au Sud-Liban, une campagne visant, selon Tel-Aviv, à sécuriser le nord d’Israël contre les attaques aériennes du Hezbollah. Le correspondant d’Al Jazeera, Obaida Hitto, rapportant depuis la ville de Tyr, a souligné que les dernières 48 heures ont été marquées par de multiples incidents impliquant la FINUL et les forces armées locales. Lundi, un soldat libanais a d’ailleurs été tué lors d’une attaque israélienne contre un poste de contrôle militaire pourtant clairement identifié. Depuis le début de cette campagne, le ministère libanais de la Santé recense plus de 1 200 morts et 1,2 million de personnes contraintes de fuir leur domicile à travers le pays.
Face à l’aggravation de la situation, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé toutes les parties à respecter le droit international, dénonçant des événements qui compromettent directement la sécurité du personnel onusien. Les dirigeants européens ont également réagi fermement. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez, s’exprimant dans le contexte plus large de l’implication européenne face au conflit au Moyen-Orient, a déclaré qu’« une nouvelle ligne rouge a été franchie », qualifiant ces actes d’agression injustifiable contre la communauté internationale. Son homologue irlandais, Micheal Martin, a pour sa part mis en garde contre cette escalade choquante de la violence, exigeant que le rôle des Casques bleus soit respecté en toutes circonstances.
