La situation sécuritaire dans le sud de la Syrie connaît un nouveau tournant critique. Alors qu’un calme précaire tentait de s’installer dans la province de Suwayda à la faveur d’accords récents, un incident violent vient de briser cette dynamique. Les autorités locales rapportent une attaque ciblée ayant visé une figure de l’appareil sécuritaire, remettant en question la viabilité du cessez-le-feu en vigueur.
Selon les informations relayées par Anadolu, qui cite la chaîne Alikhbariah TV, un membre du ministère syrien de l’Intérieur a trouvé la mort samedi dans la campagne de Suwayda. Une source sécuritaire, s’exprimant sous couvert d’anonymat, précise que cet assassinat est le fait de « groupes hors-la-loi ». Cet événement ne serait pas isolé, mais s’inscrirait dans une série d’offensives menées ces dernières semaines contre les positions du ministère dans cette région méridionale.
Les tensions se cristallisent autour des agissements de factions spécifiques. Le 17 janvier déjà, des rapports faisaient état de bombardements sur des habitations civiles dans la ville d’al-Mazraa. Ces attaques, impliquant des obus de mortier et des canons antiaériens, sont attribuées à des groupes liés au chef druze Hikmat al-Hijri. Ces actions constituent des violations directes du cessez-le-feu instauré en juillet dernier, censé mettre fin aux affrontements meurtriers entre factions druzes et tribus bédouines.
Face à cette recrudescence de la violence, le gouvernement maintient sa position officielle de respect de l’accord, soulignant ses efforts pour faciliter l’aide humanitaire et l’évacuation des civils. Cependant, la persistance des attaques contre les symboles de l’État fragilise considérablement le dispositif de pacification.
Parallèlement à ces troubles internes, la région subit une pression externe constante. Toujours selon les sources citées par notre rédaction, les forces israéliennes ont procédé à l’arrestation de deux bergers dans le village de Saïda al-Hanout, près de Quneitra. Ces incursions frontalières sont devenues quasi quotidiennes depuis la chute du régime de Bachar al-Assad fin 2024, Israël ayant étendu son contrôle sur la zone tampon du Golan au mépris de l’accord de 1974.