Starlink au Sénégal : Boubacar Sèye met en garde contre les risques de dépendance à Elon Musk

L’enthousiasme autour de Starlink, le réseau satellitaire mondial d’Elon Musk, présenté comme une solution à la fracture numérique, ne doit pas faire oublier que « toute technologie qui touche à l’information, aux communications et à la souveraineté est éminemment politique », a fait savoir Boubacar Sèye d’horizon sans frontières. Il réagit sur le déploiement de Starlink au Sénégal dans une tribune envoyée à Senego

Selon le chercheur et consultant en migrations internationales, « confier un tel levier à un acteur unique, sans contrôle démocratique effectif, pose un risque sérieux de dépendance stratégique, notamment pour les pays africains et les États les plus vulnérables ».

Starlink, contrôlé par une entreprise privée, est capable d’influencer l’accès à Internet et la circulation de l’information. Mais pour Seye, le problème dépasse la technique : « La question centrale n’est pas de savoir si Starlink est performant, mais qui contrôle, qui décide et selon quelles valeurs. Peut-on durablement confier notre souveraineté numérique à des acteurs porteurs d’idéologies qui banalisent l’exclusion, la domination et le mépris des droits fondamentaux ? »

Le chercheur attire aussi l’attention sur le profil idéologique de son fondateur. Elon Musk « a, à de nombreuses reprises, affiché une proximité troublante avec des discours et des figures de l’extrême droite internationale », rappelle Seye. « Ces prises de position ne sont pas neutres. Elles interrogent la vision du monde qui sous-tend les outils technologiques qu’il contrôle. »

Pour l’expert, l’histoire récente démontre que Musk n’hésite pas à prendre des décisions unilatérales aux conséquences géopolitiques majeures, établissant ainsi « qu’un pouvoir technologique concentré entre les mains d’un individu peut devenir un instrument d’influence politique ».

Seye plaide donc pour une approche prudente : « Il ne s’agit pas de rejeter l’innovation ni de diaboliser la technologie. Il s’agit d’exiger des garanties claires : transparence, cadre juridique strict, respect des droits humains, contrôle public et protection de la souveraineté nationale ».

Pour lui, la prudence n’est pas un refus du progrès : « L’Afrique, et plus largement les pays du Sud, ne doivent pas devenir les terrains d’expérimentation d’un pouvoir technologique déconnecté des exigences démocratiques et des valeurs humaines. La technologie n’est jamais neutre lorsqu’elle est portée par une idéologie. »

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