Sous couvert de volontariat, l’exception du Code du travail que le Parlement français veut supprimer pour certains secteurs

Une mobilisation sous haute tension s’est tenue ce jeudi matin en plein cœur de Paris. Alors que l’Assemblée nationale française entamait l’examen d’un texte législatif porté par la droite, les huit principales organisations syndicales ont battu le rappel des troupes devant le Palais-Bourbon. Au centre de la contestation se trouve une proposition de loi qui touche à un symbole fort de l’histoire sociale, remettant en question un statut juridique inamovible depuis plus de sept décennies.

Dès 10 heures, des centaines de manifestants ont répondu à l’appel de l’intersyndicale composée notamment de la CGT, la CFDT et FO. L’objectif affiché par les représentants des travailleurs est d’obtenir le retrait immédiat d’un texte qu’ils qualifient d’attaque directe contre les droits sociaux. Selon l’agence Anadolu, cette fronde vise spécifiquement une proposition de loi destinée à banaliser le travail lors de la journée du 1er mai.

Le texte, qui a déjà reçu le feu vert du Sénat en juillet 2025, entend permettre l’ouverture de certains commerces et secteurs d’activité lors de la Fête du travail. Actuellement, le 1er mai constitue le seul jour de l’année obligatoirement chômé et payé inscrit dans le Code du travail français. Cette spécificité, qui incarne la reconnaissance des luttes ouvrières depuis 1948, est aujourd’hui menacée par cette initiative parlementaire.

Les promoteurs de la réforme avancent la nécessité d’une adaptation aux réalités économiques. La mesure ciblerait des secteurs précis tels que les boulangeries, les fleuristes, les commerces alimentaires ou encore les lieux culturels comme les cinémas et théâtres. Le dispositif législatif prévoit que le travail ne serait possible que sur la base du volontariat, matérialisé par un accord écrit du salarié, sans risque de sanction en cas de refus.

Cet argumentaire est fermement rejeté par les syndicats, qui dénoncent un « faux volontariat », particulièrement dans les petites structures où la pression managériale peut être forte. Dans leur communiqué commun, les organisations alertent sur le risque de « vider de son sens une journée historique » et redoutent un effet d’entraînement qui affaiblirait durablement la protection des jours de repos. L’issue du vote des députés pourrait entériner l’application de cette mesure dès cette année.

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