Soudan : La nature du bâtiment ciblé par un drone à l’aube qui marque un tournant dans le conflit

Le conflit qui déchire le Soudan depuis trois ans continue de franchir des paliers dans la violence, touchant désormais des zones et des populations censées être sanctuarisées. Alors que les affrontements entre les Forces de soutien rapide (FSR) et l’armée régulière s’étendent, un incident survenu mercredi matin dans l’État du Kordofan du Nord vient illustrer la vulnérabilité croissante des civils. Une frappe aérienne a visé un lieu de rassemblement spécifique à une heure de grande affluence, provoquant de vives réactions au sein de la communauté médicale et internationale.

C’est au moment de l’aube, heure de prière et de recueillement, que le drame s’est produit. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, un drone a frappé la mosquée Sheikh Ahmed al-Badawi. L’attaque n’a pas seulement touché l’édifice religieux ; elle a atteint des enfants qui étaient en train d’étudier le Coran. Le bilan, confirmé par le Syndicat des médecins soudanais, fait état de deux enfants tués et de treize autres blessés.

Le corps médical, par la voix de son syndicat, a fermement condamné cet acte, le qualifiant de « violation flagrante du droit international humanitaire ». Dans un communiqué publié sur Facebook, l’organisation dénonce une « agression grave contre les lieux de culte », soulignant que cibler des enfants à l’intérieur d’une mosquée constitue un crime injustifiable sous aucun prétexte. Le syndicat attribue explicitement la responsabilité de cette frappe aux Forces de soutien rapide (FSR), le groupe paramilitaire en guerre contre les forces armées soudanaises.

Cet événement ne semble pas être un cas isolé. Le Syndicat des médecins soudanais pointe du doigt un schéma systématique d’attaques contre des édifices religieux, rappelant des précédents ciblant une église à Khartoum et une autre mosquée à el-Fasher. Cette récurrence témoigne, selon eux, d’un mépris total pour la vie humaine et la sacralité des lieux de culte.

De son côté, l’ONU a corroboré la recrudescence des violences dans la région. Un porte-parole des Nations Unies, Stephane Dujarric, a confirmé que des infrastructures civiles dans les États du Kordofan du Sud, du Nord et de l’Ouest ont été la cible de drones récemment. Mardi soir, un entrepôt du Programme alimentaire mondial (PAM) à Kadugli a également été touché par une attaque à la roquette présumée. Les Nations Unies alertent sur l’expansion de la guerre civile, qui se déplace du Darfour occidental vers la région du Kordofan, avec plus de 90 civils tués par des frappes de drones entre fin janvier et début février.

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