Sifflets au stade San Siro : Le choix sécuritaire de la Maison Blanche qui a cristallisé l’hostilité du public italien contre JD Vance

La cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’hiver de Milano Cortina 2026, qui s’est tenue vendredi au stade San Siro, devait être une célébration purement sportive. Pourtant, l’ambiance festive a été momentanément rompue par une réaction hostile du public lors du passage de deux délégations majeures. Au-delà de la symbolique des drapeaux, c’est la présence de figures politiques et de dispositifs sécuritaires spécifiques qui a transformé l’entrée des États-Unis et d’Israël en séquence de tension politique.

L’arrivée de la délégation américaine, conduite par le vice-président JD Vance et le secrétaire d’État Marco Rubio, a été le point d’orgue de cette contestation. Selon les images retransmises en direct et relayées par Anadolu, l’apparition de JD Vance sur l’écran géant du stade, saluant la foule drapeau en main, a immédiatement déclenché des sifflets et des huées audibles dans l’enceinte milanaise. Un présentateur à l’antenne a d’ailleurs souligné l’intensité de la réaction : « Oups, cela fait beaucoup de huées pour lui ».

**Une présence policière américaine jugée indésirable**

Cette bronca ne relève pas du hasard. Elle est la conséquence directe d’une polémique qui enfle en Italie depuis plusieurs jours, liée à la composition du dispositif de sécurité américain. Le département de la Sécurité intérieure des États-Unis a confirmé le déploiement à Milan d’agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), le service de police douanière et de contrôle des frontières.

Ce choix a provoqué une levée de boucliers au sein de la classe politique et de la société civile italiennes. Le maire de Milan, Giuseppe Sala, n’a pas mâché ses mots lors d’une interview radiophonique, qualifiant l’ICE de « milice qui tue » et affirmant qu’ils « ne sont pas les bienvenus à Milan ». Cette opposition s’est matérialisée dans la rue le week-end précédent, où des milliers de manifestants se sont rassemblés sur la Piazza 25 Aprile pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme une violation des droits civiques.

**Contexte tendu pour la délégation israélienne**

Outre les États-Unis, la délégation israélienne, forte de neuf athlètes olympiques et d’un athlète paralympique, a également fait face à l’hostilité d’une partie des gradins. Bien que la musique ait partiellement couvert le bruit, des huées ont accompagné leur entrée.

Ce climat s’inscrit dans une actualité internationale marquée par l’offensive à Gaza. Des responsables palestiniens rappellent que plus de 800 athlètes ont perdu la vie dans l’enclave depuis le 7 octobre 2023, une situation qui continue de susciter des manifestations, comme celles signalées en marge des Jeux à Cortina d’Ampezzo et à Predazzo.

Face à ces tensions prévisibles, la présidente du comité d’organisation, Kirsty Coventry, avait tenté d’apaiser les esprits avant la cérémonie, espérant que l’événement soit perçu comme « une occasion de se respecter mutuellement ». L’accueil réservé aux représentants officiels de Washington et de Tel-Aviv démontre que la trêve olympique peine à s’imposer face aux réalités géopolitiques.

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