Série noire pour l’industrie laitière : la substance toxique précise qui contraint Lactalis à rappeler ses laits infantiles dans 17 pays, incluant le Congo et Madagascar

L’industrie du lait infantile traverse une zone de turbulences marquée par des retraits de produits en cascade. Après les mesures similaires prises par les groupes Nestlé et Danone plus tôt ce mois-ci, c’est au tour du géant français Lactalis de procéder au rappel de plusieurs lots destinés aux nourrissons. Une décision motivée par la détection d’un agent pathogène spécifique chez un fournisseur, touchant le marché français mais également une quinzaine d’autres nations à travers le monde.

Le groupe laitier a annoncé mercredi le retrait volontaire de six lots de lait infantile de la marque Picot. Cette mesure de précaution fait suite à la découverte de traces de cérellide, une toxine bactérienne susceptible de provoquer des troubles gastriques, notamment des diarrhées et des vomissements. Selon les précisions fournies par l’entreprise, la contamination proviendrait d’un ingrédient livré par un fournisseur externe.

**Une vigilance étendue à l’Afrique et à l’international**

Si la France est concernée, la mesure s’étend bien au-delà de l’Hexagone. Selon les informations relayées par Al Jazeera, le rappel touche dix-sept pays au total. Parmi eux, deux nations africaines sont directement impactées : la République du Congo et Madagascar. La liste inclut également l’Espagne, la Grèce, la République tchèque, ainsi que des marchés plus lointains comme la Chine, la Colombie, le Pérou ou encore l’Australie.

Lactalis a tenu à préciser, via un porte-parole, que ce rappel ne concerne que « quelques lots » dans chaque pays et que les autorités françaises n’ont pour l’heure signalé « aucune réclamation ni aucun rapport lié à la consommation de ces produits ». L’entreprise se dit toutefois « pleinement consciente que cette information peut susciter l’inquiétude chez les parents de jeunes enfants ».

**Un contexte sectoriel tendu**

Cette annonce intervient dans un climat déjà fébrile pour les géants de l’agroalimentaire. Ces dernières semaines, le secteur a été secoué par des procédures similaires. À Singapour, les autorités ont récemment ordonné le rappel de boîtes de la marque Dumex (Danone) et de formules Nestlé, toujours en raison de la détection de cérellide.

En France, Nestlé a également procédé à un rappel préventif de certains lots de ses gammes Guigoz et Nidal depuis janvier. Une situation suivie de près par les autorités sanitaires françaises, qui enquêtent actuellement sur le décès d’un nourrisson ayant consommé un lait Nestlé concerné par ces rappels, bien qu’aucun lien de causalité n’ait été établi à ce stade.

Pour Lactalis, la gestion de cet incident est particulièrement sensible. Le groupe reste marqué par le scandale sanitaire de 2018, où une contamination aux salmonelles avait entraîné le rappel massif de 12 millions de boîtes de lait dans plus de 80 pays.

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