Face à la progression de la chicha et de la cigarette électronique chez les jeunes, le ministère sénégalais de la Santé a décidé de s’appuyer sur l’influence des leaders religieux pour sensibiliser la population.
Le président de l’Association nationale des imams et oulémas du Sénégal, El Hadj Oumar Diène, a lancé un avertissement sur les dangers de ces pratiques. Il a notamment rappelé qu’une seule séance de chicha expose le fumeur à l’équivalent de la fumée d’une quarantaine de cigarettes.
Une urgence de santé publique
Cet engagement des imams intervient dans un contexte marqué par des chiffres officiels contestés. L’enquête GATS 2025, publiée en janvier dernier, affichait un taux de fumeurs de 4,4 % de la population adulte en 2023, soit une baisse de plus de 25 % par rapport à 2015. Des résultats rejetés par la société civile, qui dénonce un décalage avec la réalité du terrain et l’inapplication des textes réglementaires.
La situation est d’autant plus préoccupante que, selon le directeur général de la santé Youssoupha Tine, des enfants de seulement 7 ans sont déjà sous l’emprise du tabac. Il a souligné, en juin dernier, la nécessité de renforcer la taxation des produits du tabac pour dissuader les consommateurs et financer la lutte antitabac.
El Hadj Oumar Diène appelle à une mobilisation collective pour accélérer l’adoption d’une nouvelle loi protectrice. Selon les informations rapportées par Kawtef, les imams entendent être des partenaires clés de cette urgence de santé publique.
