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Sénégal – Présent à l’UPEC 2018, Foly Satchivi (activiste togolais) annonce le « départ imminent » de Faure Gnassingbé (Entretien)
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Sénégal – Présent à l’UPEC 2018, Foly Satchivi (activiste togolais) annonce le « départ imminent » de Faure Gnassingbé (Entretien)

La première édition de l’Université populaire de l’engagement citoyen (UPEC) s’est tenue du 23 au 27 juillet à Dakar (Sénégal). L’initiative née sous l’impulsion de Y’en a Marre (Sénégal), balai citoyen (Burkina Faso, Lucha, Filimbi  (RDC) et d’autres mouvements sociaux africains, est un cadre de concertation et d’échanges des mouvements citoyens et d’universitaires pour réfléchir sur les questions d’ordres sociales et des problèmes qui gangrènent les sociétés en quête d’alternatives. Invité à cette rencontre africaine, l’activiste togolais Foly Satchivi, du mouvement citoyen « En aucun cas », s’est livré à des diatribes contre le régime de Faure Gnassingbé. A l’en croire, la fin du régime « cinquantenaire » est proche. Il a par ailleurs affirmé qu’ « l’Upec est un moment d’échanges et de partage. Elle se veut, à la fois intellectuelle et populaire ». Entretien…

 

« En aucun cas » ou faire partir immédiatement Faure Gnassingbé…

« En aucun cas » est un collectif de jeunes engagés qui se sont donnés pour mission d’œuvrer pour l’émancipation et l’épanouissement du peuple togolais. L’idée à la base c’était qu’on avait senti qu’on était interpellé par la République. Nous sommes des jeunes venant d’horizons divers et de différents secteurs sociaux professionnels mais qui avions une voix qui était entendue. Et, on avait pensé que se taire pendant que le pays brûlait était une responsabilité désertée ou une abdication.

A partir du moment où nous avons une pierre que nous pouvons ajouter à la construction de l’édifice nationale nous nous sommes dits qu’il faut le mettre en exergue. C’est dans ce sens que des artistes, des musiciens, des enseignants, des conducteurs de taxi-moto, des étudiants, des paysans … se sont rassemblés pour mettre en place le mouvement « En aucun cas ». Dans l’immédiat, le mouvement s’est donné pour priorité de tout mettre en œuvre pour que Faure Gnassingbé puisse partir. C’est l’objectif qu’on s’était donné dans l’immédiat et pour lequel on travaille.

A Dakar, « En aucun cas » se frotte aux autres mouvements citoyens

Aujourd’hui, le Bureau Exécutif du mouvement a bien voulu nous déléguer à l’Université populaire de l’engagement citoyen (Upec). L’Upec est une initiative de la plateforme Afriki qui est aussi un regroupement de tous les mouvements d’Afrique, des artistes engagés, des activistes …

Nous sommes présents à l’UPEC pour non seulement apprendre mais aussi mettre à leur service ce qui a marché au Togo. Nous sommes dans une position de donner et de recevoir. Aujourd’hui, le peuple togolais réalise ce que les autres ont déjà réalisé. « Le Balai citoyen », « Y’en a marre » ont déjà réalisé ce que nous voulons faire. Il est important d’aller vers ces personnes, apprendre d’eux, apprendre des stratégies, des méthodes qu’ils ont mises en œuvre pour que l’objectif soit atteint. La satisfaction est totale, parce que nous avons beaucoup appris : il y a eu des présentations sur des révolutions et l’histoire des mouvements sociaux. Nous avons appris beaucoup de choses parce qu’on dit toujours que c’est au bout de l’ancienne corde qu’on tisse la nouvelle. Ces présentations nous ont permis de savoir ce qui a marché dans le passé, pourquoi cela a marché, ce qui n’a pas marché et les raisons. Et cela nous permet de tirer des leçons de l’expérience passée pour mieux orienter la lutte que nous menons au Togo. Il y a eu des projections de films sur la révolution burkinabé, nous avons vu en images ce qui s’était passé au Sénégal en 2011 également. Cela nous permet d’étoffer les connaissances que nous avons.

 

L’expérience togolaise au service des autres pays

Nous avons donné aux autres citoyens d’Afrique ce que le peuple togolais a réalisé parce qu’il faut reconnaître que le peuple togolais depuis le 19 août 2017 a fait quelque chose d’original qui ne s’était jamais produit au monde. Le même jour, à la même heure, des manifestations se sont produites de façon concomitante sur toute l’étendue du territoire togolais et dans quinze (15) pays de l’extérieur. C’est quelque chose de très grand qu’aucune de ces organisations n’a encore réalisé.

 

Le caractère révolutionnaire des femmes togolaises, un plus pour la victoire finale

Aujourd’hui dans la lutte togolaise, on a constaté que les femmes sont véritablement au-devant. Les femmes togolaises sont très engagées et sont pour le changement alors qu’ailleurs les femmes ne se mobilisent pas vraiment. La mobilisation des femmes est à l’étape rudimentaire dans certains pays. Et nous avons expliqué aux autres africains les raisons de cette mobilisation des femmes togolaises.

« Nous avons sollicité le soutien de 25 mouvements citoyens d’Afrique »

Nous avons également fait une communication sur le thème : l’éducation et la conscience citoyenne au cœur de l’action, quel modèle d’organisation pour l’émancipation et l’épanouissement des peuples opprimés? L’objectif était de dire que quand les peuples sont suffisamment éduqués et conscients des enjeux, ils sont beaucoup plus aptes à se battre, à agir pour un changement véritable. Mais pour y arriver, il faut que les masses puissent être véritablement éduquées pour qu’elles puissent être conscientes qu’il faut avoir une organisation conséquente. C’est dans ce sens que nous avons parlé du modèle d’organisations que nous avons au Togo. Certes, on sait que la lutte n’a pas encore abouti mais il faut aussi reconnaître que nous avons des organisations beaucoup plus dynamiques au Togo que dans certains pays. Nous avons, dans notre communication, sollicité le soutien des autres mouvements citoyens d’Afrique. Nous leur avons demandé de soutenir la lutte que le peuple est en train de mener de manière à pouvoir parachever la lutte commencée depuis août 2017 pour certains et depuis 1990 pour la plupart. Ils ont accepté. Il y a une déclaration commune qui a été prononcée et qui a pris en compte les revendications du peuple togolais. Dans cette déclaration, il est demandé expressément à Faure Gnassingbé de libérer le fauteuil présidentiel et la mise en place d’une transition politique. C’est significatif cet appel venant de 25 mouvements citoyens du continent et surtout à la veille du sommet de la Cedeao qui se tiendra ce 31 juillet 2018 et qui va proposer des solutions de sortie de crise du peuple togolais. Il y a des actions qui sont aussi prévues, des mouvements auront à manifester au même moment dans leurs pays à la même date que les Togolais. D’autres plans d’actions seront enclenchés pour populariser la lutte togolaise.

 

« Faure Gnassingbé incarne aujourd’hui le régime cinquantenaire qui opprime et exploite les Togolais depuis très longtemps »

L’objectif pour lequel le peuple s’est mis dans la rue, c’était pour le départ pur et simple de Faure Gnassingbé qui incarne aujourd’hui le régime cinquantenaire qui opprime et exploite les Togolais depuis très longtemps. La lutte a été parsemée d’embuches, de difficultés, d’obstacles et de manquements. Ce qui fait qu’aujourd’hui, nous n’avons pas encore vu le bout du tunnel. Nous pensons que la victoire est très proche.

 

« Les leaders de l’opposition ont participé eux-mêmes à la démobilisation du peuple togolais »

Il faut juste que les leaders de l’opposition tiennent un langage responsable et de vérité à l’endroit de la population. Parce qu’il fut un temps, les leaders ont participé eux-mêmes à la démobilisation du peuple togolais. Quand on déclare que le président nigérian Muhammadu Buhari interviendra pour déloger Faure Gnassingbé, c’est que vous rendez les gens paresseux. C’est dire aux gens que vous avez fait votre mieux et allez dormir, le président Buhari viendra le dégager en juin. Juin est arrivé, Le président Buhari n’est pas non seulement devenu président de la Cedeao mais n’a pas non plus dégagé Faure Gnassingbé. Juillet est passé, Faure Gnassingbé est toujours président de la Cedeao. Et tout dernièrement le président Emmanuel Macron dans une de ses sorties disait qu’après la présidentielle nigériane de février 2019, le président Buhari aura un rôle déterminant à jouer. Encore faut-il qu’il puisse remporter cette élection pour pouvoir jouer ce rôle. Mais on se demande s’il faut attendre jusqu’en février 2019 avant la résolution de la crise togolaise. C’est pour vous dire que les leaders togolais ont donné de faux espoirs au peuple togolais.

 

 « La communauté internationale soutient Faure Gnassingbé »

Il y a un dialogue qui s’annonce le 31 juillet prochain et pour notre part, nous avons dit qu’il ne faut pas compter sur la communauté internationale parce qu’elle avait observé sans rien dire le malheur s’abattre sur le peuple togolais. N’eut été les manifestations, l’expression du peuple togolais, elle serait toujours en train de soutenir le régime en place. D’ailleurs cette communauté internationale soutient le régime en jouant à cette prolongation qui n’avantage que le parti au pouvoir. Nous sommes seuls artisans de notre destin et c’est à nous de prendre notre destin.

 

« Faure Gnassingbé est un danger pour le Togo … Il a soutenu un putsch au Burkina Faso »

Faure Gnassingbé est un danger pour le Togo et un véritable obstacle au droit de l’Homme et aux libertés fondamentales. Aujourd’hui, laisser encore Faure Gnassingbé au pouvoir jusqu’en 2020 serait entraîner le Togo dans un Chaos total. Le régime togolais est un régime inique qui ne fait que soutenir des causes perdues. Nous avons vu le régime togolais soutenir un putsch, un coup d’Etat dans un autre pays, le Burkina- Faso. Nous avons vu le Togo soutenir la décision des USA de délocaliser l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem. Aujourd’hui cela fait que toutes les organisations qu’on qualifie de terroristes, et de jihadistes, ont des yeux rivés sur nous. Nous avons l’impression que le régime provoque ces organisations à venir commettre des bavures au Togo pour ensuite accuser l’opposition.

 

En aucun cas donne deux mois à Faure Gnassingbé …

Pour notre part, Faure Gnassingbé doit partir immédiatement. C’est dans ce sens que nous avons donné trois mois de réflexion à Faure Gnassingbé pour qu’il puisse décider de son avenir politique. Il a le choix de décider de rentrer dans l’histoire par la grande porte ou décider de sortir par la petite porte. Après les 3 mois qui se sont expirés le 24 juillet dernier, nous avons compris que Faure Gnassingbé n’est pas prêt à libérer le fauteuil. Vu son entêtement, il convient pour nous de mettre en exécution notre plan B. Dans les prochains jours soit la Cedeao arrive à le persuader de libérer le fauteuil présidentiel en organisant une transition il accepte, soit la Cedeao prend une position qui n’avantage pas le peuple togolais et ils nous verront sur leur chemin. Nous ne parlons pas pour parler. Que Faure Gnassingbé fasse très attention, il doit savoir qu’il est assis sur des braises.

De la manière qu’il n’a pas vu le 19 août venir c’est de la même manière qu’il ne verra non plus le mouvement « En aucun cas » venir. Pour la prétendue amour qu’il a pour le peuple togolais, il serait souhaitable pour lui d’annoncer sa démission dans les prochains jours, de mettre en places des institutions démocratiques et de prendre la décision de partir. Soit il s’entête et au plus dans deux mois nous nous chargerons de le dégager.

 

Entretien réalisé par Ankou Sodjago

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