L’archidiocèse de Dakar a lancé vendredi le chantier de la résidence Impérial, un projet immobilier porté par l’Association des dirigeants, entrepreneurs et cadres catholiques du Sénégal (ADECCS), a constaté Apanews. La cérémonie de pose de la première pierre a été l’occasion pour l’archevêque Mgr André Guèye de livrer une réflexion sur le rôle de l’entreprise au service de la société.
Mgr Guèye avait déjà défendu cette vision le 25 juin dernier, lors d’un forum économique des dirigeants chrétiens organisé par l’ADECCS, où il avait qualifié la création d’emplois de « voie royale pour répondre au devoir de solidarité envers les plus pauvres ».
Dans son allocution, le prélat a insisté sur le fait que la prospérité n’a de sens que si elle profite à tous et réduit les fractures sociales. « Il ne s’agit pas de réussir économiquement pour réussir, mais de réussir pour faire avancer les autres », a-t-il déclaré.
Concrètement, il a encouragé les entrepreneurs à créer des emplois, surtout pour les jeunes, et à former les futurs chefs d’entreprise à concilier rentabilité et utilité sociale. Il a aussi plaidé pour une entraide plus forte entre les acteurs économiques, regrettant les concurrences qui paralysent les projets communs. « Nous sommes plus forts quand nous travaillons ensemble », a-t-il affirmé, considérant l’ADECCS comme un espace privilégié pour partager les expériences et grandir spirituellement.
Le projet Impérial s’inscrit dans la volonté de l’archidiocèse de Dakar d’assurer son indépendance financière afin de soutenir durablement ses écoles, ses œuvres caritatives (dont Caritas) et ses missions pastorales. « S’il n’y a pas de familles autonomes, s’il n’y a pas de chrétiens autonomes, il n’y a pas d’Église autonome », a martelé Mgr Guèye, qui a aussi invité les promoteurs à embaucher en priorité la main-d’œuvre locale pour que le chantier incarne dès le départ la responsabilité sociétale des entreprises.
Partenaire du projet, Jean Marc Sène, directeur général de Sablux Immobilier, a rappelé que la résidence Impérial redonnera une destination économique à un site auparavant occupé par Caritas, tout en conservant son ancrage social. Le chantier, selon lui, générera des centaines d’emplois directs et indirects et dégagera des revenus pour les actions sociales de l’Église. Il a estimé que ce type de collaboration entre une institution religieuse et un promoteur pourrait faire école en Afrique pour valoriser le patrimoine ecclésial au service du développement.


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