La gestion des flux financiers à l’échelle continentale s’inscrit au cœur des priorités stratégiques de l’Élysée. Face à la domination d’acteurs étrangers sur les transactions quotidiennes, le président français a officiellement appelé à une restructuration du système actuel pour protéger les intérêts économiques de son pays et de ses voisins.
Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Emmanuel Macron a profité d’un sommet organisé mardi en France, dédié aux solutions de paiement, pour plaider en faveur de la construction d’un modèle européen souverain. L’objectif ciblé par le chef de l’État est de réduire la dépendance technologique et financière vis-à-vis des multinationales américaines, nommément Visa, Mastercard et PayPal. Lors de son intervention, il a qualifié les moyens de paiement de « part essentielle de notre souveraineté ».
Pour matérialiser cette transition, le dirigeant français appuie le déploiement de Wero, une solution développée dans le cadre de l’European Payments Initiative (EPI). Ce système est conçu pour exécuter des paiements instantanés entre particuliers, avec une extension prévue vers les terminaux des commerçants, en opérant directement depuis les comptes bancaires européens. Le dispositif a pour but de conserver l’intégralité des flux financiers et des données des utilisateurs à l’intérieur des frontières de l’Union européenne.
Actuellement, le marché européen s’appuie massivement sur des cartes bancaires fonctionnant sur un système co-badgé, qui associe réseaux nationaux et internationaux. La progression des cartes exclusivement affiliées à Visa ou Mastercard accentue cette dépendance. Cette configuration engendre des répercussions directes, une part des commissions prélevées sur les transactions étant transférée hors d’Europe au bénéfice de ces groupes américains.
Cette situation expose également le continent à une vulnérabilité juridique, ces réseaux étant soumis au droit des États-Unis et potentiellement influençables par des décisions politiques extérieures. Si l’Union européenne tente depuis plusieurs années de structurer une alternative viable, parfois qualifiée d’« Airbus des paiements », le projet fait encore face à des contraintes techniques et financières, nécessitant une coordination entre les différents acteurs bancaires.