Publicité pour forum-paix-secu-dakar

Scrutin présidentiel à Djibouti : la restriction levée l’an dernier qui ouvre la voie à un sixième mandat du sortant.

Les électeurs djiboutiens se rendent aux urnes ce vendredi pour choisir leur prochain président. Au pouvoir depuis plus de deux décennies, le chef de l’État sortant, Ismaïl Omar Guelleh, sollicite un sixième mandat consécutif, une candidature rendue possible par une modification des textes électoraux en vigueur.

Selon les données communiquées par les autorités, un peu plus de 256 000 citoyens sont inscrits sur les listes électorales. Face au président sortant, âgé de 78 ans, se dresse un unique adversaire : Mohamed Farah Samatar, dirigeant du Centre démocratique unifié (CDU), une formation politique qui ne compte actuellement aucun représentant au parlement. Les premières heures de vote ont été marquées par une faible affluence, notamment à l’hôtel de ville de la capitale où le chef de l’État doit glisser son bulletin, tandis que des retards à l’ouverture de certains bureaux ont été constatés.

Cette nouvelle participation d’Ismaïl Omar Guelleh découle d’une décision politique intervenue l’an dernier. Les parlementaires ont en effet supprimé la limite d’âge requise pour se présenter à la magistrature suprême, une restriction qui le rendait initialement inéligible pour ce scrutin. Cette mesure lui permet de prolonger un règne débuté en 1999, lorsqu’il a succédé à Hassan Gouled Aptidon, le premier président de ce pays d’environ un million d’habitants. Lors de la dernière élection en 2021, le sortant avait été réélu avec 98 % des suffrages.

Notre rédaction note que le processus électoral se déroule en l’absence de deux des principaux partis de l’opposition, qui boycottent les scrutins depuis 2016. Des organisations de défense des droits humains ont récemment accusé les autorités de réprimer la liberté d’activité politique, des allégations que le gouvernement a formellement démenties. Comme le souligne Al Jazeera dans sa couverture de l’événement, plusieurs organisations internationales, dont l’Union africaine, l’Organisation de la coopération islamique et la Ligue arabe, ont déployé des observateurs sur place pour suivre les opérations de vote.

La campagne du président sortant s’est largement appuyée sur l’argument de la stabilité dans une région géopolitiquement complexe. La position géographique de Djibouti en fait un point névralgique mondial. Le pays abrite les bases militaires de plusieurs puissances étrangères, dont les États-Unis, la France et la Chine. Il sert également de hub portuaire essentiel pour l’Éthiopie, un pays enclavé, et accueille depuis 2023 plusieurs navires commerciaux endommagés par les attaques des rebelles houthis au Yémen.

Les bureaux de vote fermeront leurs portes à 18 heures (heure locale). Les premiers résultats provisoires sont attendus dans la soirée ou au plus tard samedi matin, selon l’agence de presse nationale.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire