Scrutin historique au Bangladesh : des écarts majeurs apparaissent entre les annonces télévisées et les revendications de ce parti

Les bureaux de vote ont fermé leurs portes et le dépouillement a immédiatement débuté dans les 299 circonscriptions du pays. Pour la première fois depuis la destitution de Sheikh Hasina en 2024, les électeurs bangladais étaient appelés aux urnes ce jeudi pour renouveler leur Parlement. Si la Commission électorale n’a pas encore validé les résultats définitifs, les premières estimations diffusées par les médias locaux et les états-majors politiques laissent entrevoir une tendance, bien que les chiffres varient considérablement selon la source émettrice.

Ce scrutin marque un tournant politique majeur, caractérisé par l’absence de la Ligue Awami de l’ex-Première ministre, écartée de la course. La compétition s’est donc cristallisée autour de deux forces principales : le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et le Jamaat-e-Islami. Selon les informations rapportées par Anadolu, la participation a été soutenue, avoisinant les 60 %, un chiffre en hausse par rapport aux élections contestées de janvier 2024.

Une confusion règne toutefois sur l’ampleur de la victoire qui se dessine. Les chaînes de télévision privées placent le BNP en position de force. Jamuna TV attribue provisoirement 78 sièges au BNP contre 23 pour la coalition menée par le Jamaat. De son côté, Somoy TV avance des chiffres légèrement différents mais confirme la même dynamique, donnant le BNP en tête avec 69 sièges contre 38 pour son rival.

Cette lecture des urnes est cependant contestée sur les réseaux sociaux. Dans une déclaration publiée sur la plateforme Facebook, le Jamaat-e-Islami revendique une courte avance, affirmant avoir sécurisé 75 sièges, contre 74 pour le BNP. Cette guerre des chiffres installe un climat d’incertitude en attendant la communication officielle des autorités électorales, prévue pour clarifier la situation dans les heures à venir.

Le déroulement du vote a été entaché par plusieurs incidents dramatiques. Le journal local Prothom Alo rapporte au moins neuf décès en marge du scrutin. Les causes évoquées sont multiples, allant de malaises dus aux conditions d’attente à des tensions dans certains bureaux de vote. « Dans certains cas, des allégations et contre-allégations ont également été formulées concernant ces décès », précise le quotidien.

Au total, plus de 127,6 millions d’électeurs étaient inscrits pour départager les 2 034 candidats en lice, issus de 51 partis politiques et de rangs indépendants. Le processus électoral incluait également un référendum sur des réformes constitutionnelles, ajoutant un enjeu institutionnel à cette élection de transition.

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