La situation économique en Iran traverse une zone de turbulences majeure, marquée par une dépréciation accélérée de sa devise nationale. Dans un contexte où les pressions diplomatiques et les sanctions internationales s’intensifient, les marchés financiers locaux réagissent avec nervosité, affichant des indicateurs qui témoignent de la fragilité du système actuel face aux incertitudes géopolitiques.
Les bureaux de change de Téhéran ont affiché ce mardi des taux de conversion inédits, illustrant l’ampleur de la crise monétaire qui frappe la République islamique. Selon les données rapportées par Al Jazeera et plusieurs sites de suivi des devises, le rial iranien a chuté à un niveau record de 1 500 000 rials pour un seul dollar américain. Cette dévaluation drastique intervient quelques semaines seulement après une vague de contestations sociales déclenchée précisément par l’effondrement du pouvoir d’achat.
Pour une large partie de la population iranienne, cette chute vertigineuse du rial aggrave des difficultés économiques déjà profondes, héritées de décennies de gestion contestée et du poids des sanctions internationales. Face à cette dégringolade, le nouveau gouverneur de la Banque centrale, Abdolnaser Hemmati, a tenté de tempérer les inquiétudes en affirmant que « le marché des changes suit son cours naturel ».
Cette instabilité monétaire s’inscrit dans un climat social particulièrement tendu. Il y a près d’un mois, les commerçants du Grand Bazar de Téhéran avaient baissé le rideau pour protester contre l’hyperinflation et la suppression de certaines subventions sur l’alimentation et le carburant. Ces mouvements de grève ont précédé des manifestations d’une ampleur rare, qui se sont étendues à travers le pays.
Le bilan humain de ces troubles reste sujet à des estimations divergentes. Alors que le gouvernement iranien évoque 3 117 décès, qualifiant une partie des victimes de « terroristes », l’agence HRANA (Human Rights Activists News Agency), basée aux États-Unis, avance le chiffre de 5 777 manifestants tués. Ces événements se sont déroulés sur fond d’un blackout internet de deux semaines, décrit comme le plus complet de l’histoire du pays.
Sur le plan international, la volatilité du rial est également alimentée par l’escalade des tensions avec Washington et Tel-Aviv. Le président américain Donald Trump a récemment qualifié la situation de « fluctuante » après avoir ordonné le déploiement d’une importante force navale dans la région. L’USS Abraham Lincoln et son escorte sont entrés lundi dans la zone de responsabilité du Commandement central américain, marquant un renforcement significatif de la posture militaire des États-Unis.
Si Donald Trump assure que la voie diplomatique reste ouverte, affirmant que Téhéran « veut conclure un accord », les responsables militaires iraniens ont réitéré leur préparation à toute éventualité, y compris un conflit armé. Le ministère iranien des Affaires étrangères a quant à lui promis une « réponse globale et regrettable » en cas d’agression.